Communiqué de presse de Dominique Bilde

 

Un « dangereux précédent ». C’est ainsi que le quotidien La Libre Belgique qualifiait, en décembre dernier, la lettre d’intention signée par Copenhague et Pristina, s’agissant de la détention, au Kosovo, de prisonniers étrangers, condamnés au Danemark et destinés au renvoi vers leur pays d’origine à l’issue de leur peine.

Il est vrai que l’arrangement ne manque pas d’originalité, puisque ces quelque 300 âmes demeureraient sous le coup du droit danois. Par ailleurs, outre les 210 millions d’euros octroyés au Kosovo pour la location de cellules de prison, les familles de détenus pourraient solliciter une aide financière en vue de visites au parloir…

Quoi qu’il en soit, davantage de volontarisme serait le bienvenu en France, où les étrangers constituaient, en 2020, 23,5 % de la population carcérale, et ce, alors que le taux de densité plafonnait à 113,4 % en 2021. En 2017, 551 prisonniers étaient, par exemple, albanais. Un comble, quand on sait que l’Albanie devrait voir s’ouvrir les portes de l’Union européenne avec le lancement imminent des négociations d’adhésion. Elle aura touché, dans l’intervalle, 1,35 milliard d’euros en fonds de préadhésion depuis 2007.

Une partie de ces subsides ne pourrait-elle pas être allouée pour inciter ce pays à rapatrier, tout du moins, ses propres ressortissants, condamnés dans l’Union européenne ? C’est la question que j’ai posée à la Commission, en notant que le Royaume-Uni a récemment conclu un accord de réadmission de cet acabit – adossé, semble-t-il, à un soutien financier britannique au système carcéral albanais.

Bref, si toutes ces solutions ne sont peut-être pas directement transposables en France, elles tranchent, en tout cas, avec l’attentisme d’Emmanuel Macron, dont le quinquennat aura été marqué par une crise migratoire continue et une impasse manifeste s’agissant des détenus étrangers. Avec l’échéance électorale décisive qui se profile, ces deux thèmes se retrouveront, à n’en pas douter, sur le devant de la scène.