Communiqué de Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement national, député français au Parlement européen

Après plusieurs mois d’attente, le Premier ministre Jean Castex a présenté aujourd’hui le plan de relance de 100 milliards d’euros qui doit permettre la reprise économique de la France après la crise du Covid-19.

Si l’on peut se féliciter de l’importance accordée au soutien à la compétitivité des entreprises et à la transition écologique, le plan du gouvernement ne va toutefois pas assez loin sur ces aspects : en particulier, la baisse des impôts de production aurait dû être beaucoup plus ambitieuse, en intégrant notamment la suppression de la C3S, un impôt particulièrement contre-productif nuisant ainsi à la compétitivité de nos entreprises industrielles.

Mais le plan du gouvernement pèche surtout par son éparpillement entre des dizaines de projets à financer, pas toujours cohérents entre eux et pour lesquels rien ne garantit que les financements seront utilisés. Bercy annonce un objectif d’un tiers des montants décaissés d’ici à fin 2021 : le risque est grand que des lourdeurs retardent l’identification des projets et que cet objectif ne soit pas atteint.

Plutôt que des projets aux procédures longues et lourdes, le gouvernement aurait dû privilégier dans un premier temps des mesures simples et rapides à mettre en œuvre, équilibrées entre politique de l’offre et de la demande, qui permettront de relancer l’activité au plus vite afin de préserver l’emploi des Français, priorité absolue : des mesures favorisant le pouvoir d’achat afin que les Français utilisent au plus vite les 100 milliards d’euros de surcroît d’épargne contrainte accumulés pendant la crise du Covid, une enveloppe pour les apports en fonds propres des entreprises nettement mieux dotée que les 3 milliards d’euros prévus, et des annulations massives de charges pour les entreprises en difficulté afin de les préserver des faillites.

Le gouvernement prétend que l’Union européenne finance 40% du plan de relance. C’est oublier que la France devra, à terme, rembourser auprès de l’UE 60 milliards d’euros de plus qu’elle n’en a reçus pour financer le plan de relance ! De l’aveu même de Clément Beaune, le secrétaire d’État chargé des affaires européennes, les milliards de l’UE auront pour contreparties l’application de réformes exigées par la Commission européenne, comme la poursuite de la réforme des retraites. Le gouvernement continue, sur ce point, d’enfumer les Français !