Communiqué d’André Rougé, député français au Parlement européen

Le 9 novembre dernier, un jeune homme s’est immolé par le feu devant un restaurant universitaire pour protester face à la précarité qui touche de nombreux étudiants.

Selon l’observatoire de la vie étudiante, c’est un étudiant sur deux qui déclare avoir dû se restreindre pour des raisons financières ; 30% d’entre eux se sont trouvés à découvert au moins une fois depuis le début de l’année et 20% vivent sous le seuil de pauvreté. Ces chiffres sont déjà terribles en eux-mêmes, mais ils ne permettent pas de mesurer toute la complexité des situations individuelles ni de ressentir toutes les conséquences sanitaires, sociales et éducatives d’une précarité subie à si grande échelle.

Ne pas permettre aux jeunes de subvenir à leurs besoins élémentaires -se loger dignement, se nourrir à leur faim, se soigner-, est indigne d’un pays comme la France !

Et que dire également du malaise subi dans nos campagnes, quand deux agriculteurs se suicident tous les jours ? Est-il normal de ne plus pouvoir vivre de son travail ?

De plus en plus de policiers, exaspérés par l’impunité dont bénéficient certains délinquants, par la multiplication des zones de non-droit, et par l’aveuglement de leur hiérarchie politique et administrative dont le seul objectif est de « ne pas faire de vagues », commettent l’irréparable.

Serait-il devenu impossible en France d’étudier normalement, de vivre de son travail et de faire appliquer la loi ?

Cette précarisation de la société française s’accélère : 9.3 millions de personnes selon l’INSEE, soit 14.7% des Français sont frappés par la pauvreté.

Cela est d’autant plus choquant que le gouvernement ne fait rien pour lutter contre la progression constante des inégalités et des injustices ; pire, il accentue les fractures et méprise ouvertement les Français touchés par les méfaits de la mondialisation et de sa politique d’austérité.

Au lieu de s’intéresser aux étudiants français qui ne mangent pas à leur faim, le Premier ministre vient d’annoncer son ambition d’accueillir en France 500.000 étudiants étrangers en 2027. Nous lui répondons plus que jamais : « Les nôtres avant les autres ! »