La fin de l’opération Barkhane annoncée par Emmanuel Macron souligne les limites d’une opération militaire lorsqu’elle n’est pas lancée en appui d’une stratégie politique. Elle souligne également l’utopie que représente l’idée d’une politique étrangère et de défense européenne, car malgré les tentatives d’Emmanuel Macron pour associer les pays de l’Union européenne, la France est restée seule durant toutes ces années.

Marine Le Pen tient avant tout à saluer l’engagement de nos soldats qui ont participé aux opérations Serval puis Barkhane, en particulier les 47 militaires « morts pour la France » et les nombreux blessés.

Après les victoires contre les djihadistes lors de l’opération Serval, la France n’a pas su exiger en contrepartie de l’engagement de ses armées, une réforme profonde des régimes à la tête de ces pays. Or, il est évident que nous ne pouvons pas coopérer avec des pouvoirs complaisants vis-à-vis des islamistes et tolérants avec les manifestations antifrançaises.

En tout état de cause, le retrait des troupes françaises ne peut être que progressif, car il ne doit pas aggraver la crise géopolitique persistante dans la bande sahélo-saharienne et permettre la création d’une base arrière pour les terroristes islamistes qui nous menacent.

Un retrait brutal serait, d’une part une remise en cause de la crédibilité de la France vis-à-vis de ses alliés et d’autre part un signal de faiblesse envoyé à des puissances qui avancent leurs pions dans cette zone du monde, en particulier la Turquie et la Russie.

La fin de l’opération Barkhane ne doit pas pour autant marquer une nouvelle étape dans le désengagement de la France en Afrique.

Au regard des liens historiques qui nous lient avec de nombreux pays africains, il apparaît essentiel, dans le cadre d’une nouvelle vision de nos échanges avec l’Afrique, de renforcer notre coopération en termes de sécurité collective et de dynamiser nos partenariats économiques et culturels qui ont été marqués ces dernières années par une forme de désintérêt et de détachement.