Communiqué de Sébastien Chenu, député du Nord

En 2016, l’Américain Pentair spécialisé dans la gestion des fluides et la filtration (3mds € de chiffre d’affaires en 2019) cédait sa division dédiée aux vannes à l’Américain Emerson, achetée l’année précédente pour partie en France à Alstom, pour 3,5 milliards de dollars ce qui avait eu pour conséquence la perte de 204 emplois en France et la fermeture du site de Ham dans la Somme. Pourtant, en 2015, Pentair avait bénéficié d’un million d’euros en 2015 du CICE…

La vice-présidente régionale K. Charbonnier déclarait « c’est une excellente nouvelle qui donne de l’avenir au site » alors que ce site appartenait auparavant à Alstom. En réalité, un avenir très sombre moins de quatre ans plus tard. Emerson (31 mds € de chiffre d’affaires, 2,3 milliards de bénéfice !) annonce de nouvelles suppressions de postes (81 postes sur 192 aujourd’hui menacés) et un redéploiement de la production en Europe de l’Est, des rumeurs évoquant la Roumanie.

Une fois encore, la concurrence déloyale des pays de l’Europe de l’Est au sein de l’UE, dont les Américains tirent profit, aura raison d’une entreprise industrielle stratégique avec des conséquences désastreuses pour l’emploi. Sauf à définir une nouvelle stratégie industrielle offensive envers ses « partenaires » européens et ambitieuse en termes d’objectifs, nous nous condamnons à rater la marche du secteur énergétique du XXIe siècle.

La maîtrise d’une filière industrielle de l’énergie française sur le territoire national à tous les niveaux de la construction des infrastructures en passant par la distribution et la maintenance des installations est un enjeu de souveraineté nationale et un objectif incontournable. Présent dans différentes phases de ce processus industriel, Emerson Armentières doit voir son activité pérennisée et pourquoi pas faire l’objet d’une nationalisation dans le cadre d’une stratégie sur l’indépendance énergétique française plutôt que d’être la proie de vautours financiers américains.