Communiqué de Dominique Bilde

 

 

« Bien que l’action de l’UE en faveur des réformes dure depuis des années, la captation de l’État et la corruption généralisée n’ont pas été maîtrisées. »

C’est un pavé dans la mare que vient de jeter la Cour des comptes européenne dans son rapport, publié ce lundi, sur le « soutien de l’UE à l’état de droit dans les Balkans occidentaux ».

Via le fonds intitulé « instrument d’aide de préadhésion », l’Union prétend, en effet, favoriser la « bonne gouvernance », selon l’expression consacrée, dans les États candidats, ou candidats potentiels, à l’adhésion et, en particulier, ceux de cette région. Ce volet se serait vu attribuer la coquette somme de « 700 millions d’euros pour la période 2014-2020 ».

Le tout pour des résultats rachitiques, non seulement en matière démocratique, mais également sur le front de la lutte anticorruption.

L’Albanie, par exemple, chute inexorablement dans les classements successifs de Transparency International, portant sur la « perception de la corruption ». La Commission européenne n’a-t-elle pas, également, dû reconnaître le caractère « endémique » de la corruption dans un autre pays balkanique, le Monténégro ?

Faut-il s’étonner de ce constat amer ? Probablement pas. En effet, la tentation, consistant pour les États bénéficiaires à faire leur miel des largesses européennes, tout en se bornant à des réformes cosmétiques constitue un travers répandu, non seulement dans le cas de l’élargissement, mais dans celui de tout programme d’aide au développement impliquant une conditionnalité politique.

On peut regretter, en revanche, que la Cour n’en appelle pas moins, avec la foi du charbonnier, à « renforcer le mécanisme de promotion des réformes concernant l’état de droit ».

« La définition de la folie est de faire et refaire la même chose, en espérant un résultat différent », aurait dit Albert Einstein. Véridique ou non, la citation semble, en tout cas, aller comme un gant à tant de politiques européennes. Le processus insensé d’élargissement aux Balkans est, en la matière, un cas d’école.