Communiqué de Dominique Bilde, député français au Parlement européen

300 attaques, 10 morts et 70 blessés : ce triste bilan, rapporté par Le Figaro, ne concerne pas des militaires dans des zones en guerre, mais le personnel de santé responsable de la lutte contre l’Ébola en République démocratique du Congo, où malgré les progrès considérables de la médecine, le virus n’en a pas moins causé plus de 2000 morts en décembre 2019.

De fait, si la prise pour cible des médecins et infirmiers choque le cœur autant que la raison, elle n’a toutefois rien d’étonnant dans des régions ravagées par l’un des conflits les plus meurtriers de l’Histoire récente : celui du Nord-Kivu. Dans un silence international assourdissant du reste, puisque du haut de ses 4 à 5 millions de victimes, les guerres qui ont émaillé l’histoire récente de l’ancienne colonie belge décrochent le titre peu enviable de plus meurtrières depuis la Seconde Guerre mondiale.

À cette situation s’ajoute une autre crise plus larvée dans un des pays les plus pauvres du monde et travaillé par une instabilité politique et sécuritaire chronique. Ainsi, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la rougeole, affection pourtant relativement bénigne, aurait provoqué de son côté plus de 6000 morts…

L’Europe aurait d’autant plus tort de se laver les mains de ce drame humain que celui-ci pourrait par ricochet l’affecter directement. L’importante diaspora congolaise, notamment en France et en Belgique, devrait en effet imposer le renforcement des mesures préventives envers les personnes en partance et en provenance de la République démocratique du Congo. C’est d’autant plus vrai que l’OMS avait tiré la sonnette d’alarme en août dernier quant à la résurgence « dramatique » de la rougeole en Europe.

« Le papillon qui bat des ailes au Brésil peut provoquer une tornade à Houston » rappelait encore récemment le Président du Niger Mahamadou Issoufou, renvoyant au fameux « effet papillon ». Une réalité que je n’ai eu de cesse de mettre en exergue lors de mes nombreuses interventions au Parlement européen. Car si les « autres » passent après les « nôtres », c’est avant tout parce que l’on offrira aux intéressés la possibilité d’une vie digne dans leur propre pays.