Déserts médicaux en Île-de-France : quand Valérie Pécresse encourage la macronisation de notre système de santé

| Communiqués - 8 février 2019
  • Wallerand de SAINT JUST

Communiqué de Wallerand de SAINT JUST, président du groupe RN-IDF à la Région Île-de France

Dans un rapport publié aujourd’hui, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme à propos de la désertification médicale accentuée de notre région. Si la politique actuelle continue, l’Île-de-France perdra ainsi, les cinq prochaines années, 10.000 médecins généralistes partant à la retraite.

Depuis le début de la mandature de Valérie Pécresse à la tête du Conseil régional, le groupe Rassemblement National n’a cessé d’alerter l’exécutif sur ce phénomène croissant. Aujourd’hui 76% de la population francilienne juge l’offre médicale insuffisante, ce chiffre a été multiplié par 2,5 entre 2015 et 2018 !

Sourd aux attentes des Franciliens en matière de soins, l’exécutif régional a, non seulement baissé les bras en réduisant de moitié le budget prévu pour le développement de la télémédecine (0,1 M€ voté en décembre 2018, -50%), mais il continue d’encourager la politique de l’État de constitution de « Grands groupements hospitaliers » (GHT), entraînant la fermeture de quantité d’antennes spécialisées dans chacun des départements d’Île-de-France.

La dernière fusion en date concerne le service de psychiatrie du Perray-Vaucluse (91), rapatrié à Saint-Anne, en plein cœur de la capitale, pour former un vaste «Groupement Hospitalo-Universitaire Paris Psychiatrie & Neurosciences ».

Les établissements de santé ne doivent pas être gérés comme des filiales industrielles soumises aux fusions et aux acquisitions. Il ne s’agit pas de parts de marché, mais de la santé de tous les Franciliens et de leur égal accès aux services de soins sur l’ensemble du territoire. Un fait divers terrible il y a deux jours à Paris vient de nous rappeler l’état déplorable de la médecine psychiatrique en France.

Notre groupe a présenté au Conseil régional en novembre 2016 un Plan de lutte contre les déserts médicaux avec de nombreuses propositions, parmi lesquelles :
l’implantation d’antennes médicales dans les gares d’interconnexion pour permettre un accès plus rapide aux soins pour les usagers des transports congestionnés ;
l’allègement des taxes pour faciliter l’implantation des jeunes médecins ; le soutien à la téléconsultation, pour réduire les files d’attente ;
la création d’une application mobile, pour permettre aux Franciliens de s’y retrouver au milieu du chambardement créé par le déménagement des unités de soins.

Toutes nos propositions ont été rejetées. Derrière l’habile communication de Valérie Pécresse et de son équipe pour dire que la Région « va prendre le problème à bras le corps », ou encore que « tout a été tenté » et que « l’on n’y peut rien », que « ce n’est pas une compétence prioritaire de la Région », apparaît très clairement une volonté de laisser la situation se dégrader dans le sens d’une « économie de santé » macronisée dévaluant la qualité du service public et appauvrissant les territoires.

Par |2019-02-08T11:34:05+00:008 février 2019|Communiqués|

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