Communiqué de presse de Jean-Lin Lacapelle, Député français au Parlement européen

Un document, daté de mai 2020, rédigé par l’Agence des participations de l’État et intitulé « Régulation économique du parc nucléaire existant : Schéma Hercule et garanties de gouvernance apportées », est paru hier dans la presse. Il montre les négociations entre l’État français et la Commission européenne au sujet de la libéralisation des activités et filiales du groupe EDF.

Ce document est un pas vers le démantèlement et la privatisation de ce fleuron de notre industrie stratégique.

Il en ressort que la Commission, malgré une proposition (dite « Schéma Hercule ») déjà très conciliante des autorités françaises, veut forcer EDF à rompre avec l’État. D’abord, elle souhaite la privatisation des filiales (énergies renouvelables et distribution), tout en laissant à l’État la partie nucléaire, stratégique, mais fortement déficitaire. Ces filiales seront ensuite groupées dans une holding ouverte à tous les actionnaires, sans rôle opérationnel ni pouvoir de contrôle, empêchant donc l’État de gouverner EDF.

Ce projet sera catastrophique pour les finances d’EDF, géant découpé en morceaux pour devenir un nain, et qui perdra toutes ses filiales rentables. Ce désastre sera nécessairement répercuté sur le consommateur, soit directement par EDF dans des hausses de tarifs, soit indirectement par intervention de l’État pour compenser ses pertes.

À cela s’ajoute la perte de souveraineté de l’État dans un secteur stratégique capital : la production et l’alimentation électrique. Rien ne justifie ce projet fou et ruineux, sinon l’idéologie libérale de l’ouverture à la concurrence.

Afin d’obtenir des explications, j’ai adressé une question écrite prioritaire à la Commission européenne, à laquelle j’ai demandé à tous les élus français, si la souveraineté du pays et le pouvoir d’achat des citoyens leur tient à cœur, de s’associer.