​Communiqué de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais

Incapable de gérer la crise, accumulant les erreurs grossières et les mensonges éhontés, maltraitant le bon sens avec un zèle assumé, multipliant les annonces contradictoires à défaut de gouverner, l’exécutif vient d’adopter une nouvelle stratégie pour masquer son bilan calamiteux et faire oublier ses responsabilités.

Afin de préparer l’éventuel fiasco du déconfinement, les membres du gouvernement se prennent désormais pour des parents sévères et des maîtresses d’école culpabilisatrices afin de sermonner nos compatriotes.

En file indienne dans les médias, l’équipage macroniste est venu distiller un message aussi simpliste qu’irrespectueux qui peut être résumé par : « si les Français ne sont pas sages, ils seront punis et privés de récréation ».

Le 1er mai sur RMC, le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne lançait les hostilités en déclarant : « Ces vacances vont aussi dépendre des efforts que les uns et les autres on va pouvoir faire lors de cette première phase de déconfinement.» et en assénant que le civisme et le respect étaient les conditions pour avoir une saison estivale.

Dans un entretien au Parisien en date du 3 mai, le ministre du manque de masques et de tests, Olivier Véran, agitait son petit martinet : « si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé, la date de levée du confinement pourrait être remise en question et sera appréciée selon les départements. »

En renfort, la tristement célèbre Sibeth Ndiaye s’appuie aujourd’hui sur les chiffres de la remontée très légère du taux de contagiosité pour rabrouer les Français qui, selon cette experte démasquée, auraient pris des risques : « cela montre qu’il y a eu plus de sorties. »

Devant le Sénat pour présenter le plan de déconfinement, le Premier ministre s’est lui aussi fendu d’une petite pique inquisitrice : « Un peu trop d’insouciance et de relâchement, et le risque de deuxième vague se préciserait. »

Cette énième opération d’enfumage ne trompe personne.

Si les Français ont été confinés pendant près de deux mois, ils le doivent à nos irresponsables dirigeants qui n’ont pas fermé les frontières à temps et n’avaient pas armé le pays avec des stocks de masques et de tests. Si le déconfinement ne s’effectue pas uniformément le 11 mai, ce sera aussi de la faute du gouvernement qui n’aura pas prévu le nombre de masques et de tests suffisants. Si les Français n’ont pas de vacances cet été, ils le devront encore et toujours à l’impréparation et aux incohérences de ce gouvernement qui vient d’autoriser la libre circulation des touristes européens sans quarantaine.

Sans diversion minable, sans fuir ses responsabilités, la Macronie devra rendre des comptes aux Français.