Communiqué de Dominique Bilde, Député européen du groupe Identité et Démocratie.

« Chantage » : l’un des vice-présidents de la Commission européenne a cru bon d’agiter le chiffon rouge concernant l’afflux de quelque 8000 migrants (pour la plupart d’entre eux, déjà renvoyés) dans l’enclave espagnole de Ceuta, depuis le Maroc.

Un terme qui vise probablement à assimiler, dans l’esprit des Européens, cet épisode au bras de fer contre la Turquie au sujet du contrôle migratoire.

Reste que comparaison n’est pas raison. D’une part, parce que le sultan Erdogan bénéficie de conditions exorbitantes pour s’acquitter (fort mal, du reste) de cette mission aux termes d’un accord conclu en 2016 et adossé à la somme de six milliards d’euros. D’autre part, parce que le roi du Maroc lui-même a dû s’étonner dans un communiqué officiel de la « complexité des procédures » afférentes au rapatriement des mineurs concernés.

Par voie de presse, on apprenait ainsi que le renvoi de ces jeunes gens butait sur un certain nombre d’obstacles. Par exemple, l’Espagne serait réticente à confier les intéressés aux forces auxiliaires du Maroc, en raison d’une réputation de « brutalité ». On retrouve ici la sensibilité du gouvernement socialiste de Madrid, qui se faisait fort d’incarner une politique d’accueil dans une Europe où le vent commence à tourner.

Quant à la surmédiatisation de l’affaire, elle vise sans doute à éluder la véritable cause des tensions entre les deux pays, qui tient à l’accueil sur le sol espagnol du chef du Front Polisario.

Quoi qu’il en soit, je n’ai évidemment pas soutenu la résolution du Parlement européen condamnant le Maroc alors même que celui-ci a fait montre d’une réelle volonté de coopération. Un fait assez rare en matière de rapatriement des migrants, et qui devrait conduire l’Union comme les États membres à prendre leurs responsabilités.