Crise du nickel calédonien : Marine Le Pen entendue à Bruxelles, mais il faut encore avancer !
Au mois de décembre 2025, puis en janvier de cette année, j’avais interpellé par écrit Stéphane Séjourné, commissaire européen en charge de l’industrie, sur la situation du nickel calédonien et sur l’opportunité que cette filière constitue pour la France et l’Europe en matière de sécurité de ses approvisionnements et d’autonomie stratégique. Le 28 avril, dans Le Figaro, c’est Marine Le Pen elle-même qui montait au créneau dans son éditorial « Le nickel calédonien : un atout dans la guerre mondiale économique ».
Comme en écho à nos appels, l’Union européenne envisage aujourd’hui, pour la première fois de renouer avec un cadre juridique protecteur en rétablissant une forme de préférence communautaire pour des marchés publics européens qui représentent 2500 milliards d’euros par an !
En abandonnant le critère unique du prix, qui a largement contribué à la perte de compétitivité de la filière nickel de Nouvelle-Calédonie, le projet de réforme annoncé par Stéphane Séjourné, marque une prise de conscience de la Commission européenne, pour tardive et insuffisante qu'elle soit.
En effet, obliger les grands donneurs d’ordre publics à intégrer des critères de sécurité d'approvisionnement, de traçabilité et de résilience dans leurs appels d’offre devrait amener les industriels européens à s'approvisionner en métaux certifiés « sûrs ».
La visite annoncée à Nouméa du commissaire Séjourné ne doit pas, pour autant, se transformer en opération de communication à la gloire d’un « sauveur » improvisé. La réforme proposée arrive bien tard et, répétons-le, reste encore insuffisante pour sauver à elle seule l'industrie calédonienne du nickel.
Au Parlement européen, je resterai mobilisé, avec la délégation du Rassemblement National, à chaque étape de la procédure législative pour que, comme le souhaite Marine Le Pen, ces avancées offrent, enfin, à la filière du nickel calédonien la protection concrète qu’elle mérite en tant que contributeur à l’autonomie et à la sécurité stratégique des 27 États européens.