Depuis quatre jours, l’Europe doit faire face à un risque majeur d’une nouvelle crise migratoire encouragée par le gouvernement islamiste d’Ankara.

Cette politique du chantage, de la menace et de la déstabilisation menée par Erdogan n’est plus acceptable, pas plus que cette tentative de tordre le bras aux pays européens pour les contraindre à intervenir dans le conflit syrien et dans les guerres d’occupation territoriale que mène depuis trois ans la Turquie dans ce pays.

Offensives violentes contre les kurdes de Syrie, soutiens à certains groupes djihadistes comme l’ont révélé les observateurs internationaux, l’intervention turque en Syrie a contribué à accentuer la déstabilisation de cette région et à aggraver la situation humanitaire.

A l’heure où des dizaines de milliers de migrants sont encouragés par Ankara à franchir les frontières européennes, l’urgence commande, aux côtés de la poursuite des négociations, à tout entreprendre pour pallier l’impuissance de l’Union européenne face au péril migratoire.

Dans un premier temps, le recouvrement des frontières nationales par le biais du mécanisme du contrôle temporaire en cas de crise doit être engagé par les autorités françaises.

Il est par ailleurs urgent, au regard de ce nouveau fiasco de Frontex qui n’a pas su anticiper cette crise, (depuis plus d’un an, la Grèce se débat seule et doit faire face à un afflux ininterrompu de migrants en provenance des côtes turques, plus de 70 000 à ce jour), de soulever la question de l’inefficacité du contrôle des frontières extérieures de l’Europe.

La protection des territoires nationaux et l’anticipation des crises migratoires qui se multiplient, passent par le retour aux frontières nationales et à leur contrôle permanent.

Enfin, au vu de la duplicité, des alliances douteuses et des dérives inquiétantes et bellicistes du régime d’Erdogan, il appartient à l’Union européenne de reconsidérer ses relations avec Ankara et de mettre fin immédiatement aux coûteuses négociations d’adhésion tout autant qu’au désormais caduque accord de 2016, censé juguler les flux migratoires.