Alors que l’Europe et le monde sont confrontés à une crise sanitaire d’une envergure majeure, une autre crise perdure aux frontières de notre continent : elle oppose les puissances régionales que sont la Turquie et la Russie, autour de la question syrienne.
Elle entraîne une crise humanitaire dont l’ONU vient de souligner l’ampleur. Des milliers de civils, pris entre deux feux, sont concernés.
Dans ce contexte préoccupant, susceptible de provoquer une nouvelle urgence migratoire en Turquie, mais aussi au Liban et en Grèce, l’Europe ne peut rester indifférente. Il est donc regrettable que le sommet qui aurait pu se tenir le 5 mars entre la France, l’Allemagne, la Turquie et la Russie, soit reporté sine die.

J’appelle toutes les parties concernées, et en premier lieu la Russie et la Turquie, à tout mettre en œuvre pour négocier sans délai un cessez-le-feu.

Nous devons faire face de façon collective, que ce soit au niveau européen, au niveau de l’Otan ou à l’ONU, à ce défi sécuritaire qui se profile en Méditerranée, donc à nos portes.
Sans une mobilisation immédiate visant à mettre un terme à ce conflit qui profite d’abord aux groupuscules extrémistes – je pense notamment aux djihadistes actifs dans cette région-, nous risquons de voir se développer, à nouveau, une crise humanitaire incontrôlable.

En lançant cet appel au calme et à la concertation, je mesure bien la complexité de la situation. Mais nous ne pouvons rester indifférent : il faut tenter une médiation, et la France devrait proposer ses bons offices, avec tous les États concernés qui se porteraient volontaires pour rétablir la stabilité dans la région.