13 : c’est le nombre de chrétiens tués chaque jour à travers le monde en raison de leur foi. Un chiffre en augmentation de 60% par rapport à l’année précédente, selon l’association Portes ouvertes.

Il faut dire que la pandémie de COVID-19 est passée par là, facilitant indirectement l’expansion islamiste en Afrique. Au Nigéria, d’abord, où des écoliers étaient encore pris en otages en décembre, rappelant la triste affaire des enlèvements de Chibok. Au Sahel, ensuite, où la France et sa force Barkhane portent à bout de bras la lutte antiterroriste. Au Mozambique enfin, où l’émanation locale de l’Etat islamique met le Cabo Delgado à feu et à sang, jetant sur les routes quelque 400 000 réfugiés internes. Un bilan tragique, au terme duquel on ne s’étonnera guère que le continent africain rassemble 91% des chrétiens massacrés en 2020.

Plus insidieuses et rarement évoquées, les brimades subies par la minorité chrétienne de Chine, au travers de fermetures administratives d’églises notamment, semblent faire école en Asie du Sud-Est, par exemple à Myanmar. Mais, dans les deux cas, c’est avant tout le sort des Rohingyas ou des Ouïghours qui retient l’attention exclusive des médias.

Bref, en 2020, le christianisme occupe toujours la place peu enviable de « religion la plus persécutée au monde » – selon l’expression de l’ONG Aide à l’Église en détresse. Un « quasi-génocide », souligné avec justesse dans un rapport remis en 2019 à un ministre britannique des Affaires Étrangères et auquel l’Occident n’a pour l’heure opposé qu’un silence assourdissant