Communiqué de Marine Le Pen, Présidente du Rassemblement National

J’ai été la première responsable politique à attirer l’attention de la représentation nationale sur ce pesticide ultra-toxique et cancérigène qui empoisonne les sous-sols de Martinique et de Guadeloupe en menaçant la santé de nos concitoyens.

Alors que l’État connaissait la réalité de cette situation, il s’est constamment enfermé dans le déni.

Pire encore, c’est avec mépris et désinvolture que le 1er février dernier à l’occasion d’une réception des élus d’outre-mer à l’Élysée, le Président Macron a rabroué Victorin Lurel, ancien ministre et président de Région, en soutenant que le chlordécone n’était pas une substance cancérigène. Alors que l’OMS l’a classé comme telle en 1979 !

Même si Mme Girardin, ministre des Outre-mer, a récemment reconnu la responsabilité de l’Etat, aucune action concrète n’a été prise, si ce n’est la mise en place d’un dépistage qui n’est pas systématique. Seul le parlement s’est emparé du sujet par la mise en place d’une mission d’étude.

Aujourd’hui la population de Martinique est très légitimement désemparée et révoltée par cette situation qui constitue un scandale d’État et potentiellement une tragédie pour les Antilles.

Des échauffourées ont eu lieu cette nuit, en Martinique, entre des militants anti-chlordécone et les forces de l’ordre, à l’occasion du procès de sept militants interpellés en novembre dernier.

Bien évidemment, face à une situation qui appelle responsabilité, vérité, loyauté et volonté politique, la violence n’est en aucune manière une solution.

Dans l’intérêt de nos compatriotes et de leurs territoires, je demande la création urgente d’un comité interministériel regroupant les ministères de la Santé, de l’Agriculture, de l’Outre-Mer, de l’Environnement et des Finances afin de mettre en place un Plan d’urgence destiné à coordonner différentes actions.

Pour que cesse l’empoisonnement de nos compatriotes, je demande que ce Plan instaure les mesures suivantes :

1. Un audit complet de la situation écologique et médicale liée à cette pollution ;

2. L’aide à la reconversion des parcelles contaminées vers des cultures plus tolérantes à la molécule ;

3. Des investissements massifs dans les cultures hors-sol ;

4. Une aide en faveur des pêcheurs en zones contaminées, pour l’investissement en moyens matériels et de formation pour la pêche en haute mer ;

5. La modernisation et le contrôle régulier des sites de production d’eau potable ;

6. Le financement de la recherche pour la dépollution ;

7. Un dépistage systématique en matière de santé ;

8. La mise en place d’un fond d’indemnisation des victimes.

Face à ce qui constitue un véritable scandale d’État mettant en danger des régions françaises entières, je demande que le président de la République, qui est le garant de la sécurité des Français, s’exprime sur ce sujet.

Comme pour la crise environnementale des algues Sargasses, la submersion migratoire à Mayotte ou le coût de la vie à la Réunion, le gouvernement assure un service minimum loin d’être à la hauteur de l’urgence des préoccupations de nos compatriotes ultramarins. Il est temps d’en terminer avec l’abandon de l’Outre-Mer comme c’est le cas depuis 13 ans !

Lorsque je serai présidente de la République, je créerai un ministère d’Etat de l’Outre-mer et de la mer, doté de véritables pouvoirs pour être aux côtés de nos compatriotes ultra-marins que nous aimons et que l’État doit accompagner efficacement !