Le 18 septembre, Emmanuel Macron a adressé une lettre à Ursula von der Leyen afin de demander le report d’un an de certaines obligations déclaratives liées aux émissions de méthane des secteurs pétrolier et gazier, ainsi que l’assouplissement des règles européennes sur la qualité des carburants. Après avoir laissé prospérer et soutenu l’excès de normes et de taxes qui pèsent sur les automobilistes, le Président tente désormais de se présenter en défenseur de leur pouvoir d’achat.
Cette initiative française a surpris bon nombre de diplomates qui affirment ne pas avoir été préalablement informés en amont et décrivent une France « imprévisible », qui « fait du zigzag d’une position à l’autre ». Personne n’est dupe même au sein de la Commission européenne qui évoque un « coup de com’ en contexte électoral ».
Cette démarche tardive ne s’attaque pas aux principales causes de la flambée des prix. Elle ne vise ni à réduire les lourdes taxes françaises sur les carburants ni à lever les contraintes européennes qui empêchent notamment l’application d’un taux réduit de TVA. Elle ne remet pas davantage en cause l’ETS2, qui entraînera dès 2028 une nouvelle hausse pouvant atteindre 15 centimes par litre.
Les automobilistes français n’ont pas besoin d’une nouvelle opération de communication, mais de décisions concrètes et immédiates. La délégation française du groupe Patriotes pour l’Europe demande une baisse durable de la fiscalité sur les carburants, la suppression des contraintes européennes qui l’interdisent et l’abandon de l’ETS2. Après neuf années de renoncements, Emmanuel Macron ne trompera plus personne, pas même les technocrates de Bruxelles !