Communiqué de Joëlle Mélin, député français au Parlement européen

Né aux États-Unis, le Black Friday désigne le vendredi qui suit Thanksgiving. C’est en réalité un prétexte pour ouvrir la période des soldes par une journée où les réductions de prix atteignent des proportions folles. Symboliquement, il est devenu l’exutoire par lequel s’épanche le désir bien compréhensible de chacun de consommer, notamment pour ceux qui doivent se priver en permanence.

Depuis l’éclosion des plateformes (Amazon, Cdiscount, Alibaba, …) et la généralisation des achats par internet, ces jours de grande réclame se sont multipliés dans le monde (comme en Chine avec le « Single’s day » -journée des célibataires- qui génère plus de 20 milliards d’euros de transactions en moins de 24 heures !), et reflètent la capacité de ces géants d’internet à impulser à la fois des comportements, mais aussi, et surtout à « booster » les économies et la consommation mondiale. Et en passant, servir certains Etats et employeurs qui ont intérêt à maintenir des salaires bas. Et donc une forme de paix sociale.

Il n’en demeure pas moins que ce phénomène, créé de toutes pièces pour soutenir la croissance de certains géants mondiaux, concentre en lui la dérive des pratiques commerciales (vente discount de produits de mauvaise qualité, écoulement des stocks arrivant à leurs dates de péremption, compétition entre les acheteurs/clients, achat et retour de marchandise générant des coûts logistiques et environnementaux considérables …) et s’appuie, par pur nihilisme, sur le comportement de populations désormais habituées à l’immédiateté et à la consommation.

Consciente qu’il n’est pas question de brider la liberté d’entreprendre et de consommer, le Dr Joëlle Mélin – Député français au Parlement européen membre des commissions Industrie et Environnement – s’interroge sur le bien-fondé de ces pratiques commerciales, qui soutiennent un système économique essentiellement défavorable au petit commerce et aux productions locales nationales. De plus, il devient évident qu’un retour à la sobriété et à des attitudes de consommation responsables et raisonnables sont nécessaires. Car à l’évidence, personne ne peut se satisfaire de cette injonction collective à l’adoption de comportements « infantilisants » et néfastes pour l’environnement.