Communiqué de Marine Le Pen, Présidente du Rassemblement National

La politique monétaire de la Banque Centrale Européenne soutenue par les dirigeants politiques et économiques de la zone voit ses effets pervers se diffuser lentement mais sûrement dans plusieurs domaines. Les taux historiquement bas, voire négatifs, qu’elle engendre favorise les emprunteurs publics et privés, institutionnels et particuliers mais fait craindre des phénomènes de bulles : sur les actifs financiers (actions et obligations), sur l’immobilier dont les prix s’envolent et sur la dette des entreprises et des ménages qui gonflent démesurément.

Mais la principale victime reste l’épargne. Les Français constatent une baisse sérieuse des taux de leur produit favori qu’est l’assurance-vie, dont le rendement est en train de passer en dessous du niveau de l’inflation. Ce sont désormais les comptes d’épargne, et le plus populaire d’entre eux, le Livret A qui se voient infliger une véritable punition. A 0,75%, la rémunération offerte sur un encours qui atteint les 300 milliards d’euros, était déjà inférieure à l’inflation (1,1% en 2019) ce qui représente une érosion de valeur de l’ordre de 1 milliard d’euros par an pour les Français. Rappelons qu’elle était de 4% en 2008 alors que l’inflation était de 2.8%. La décision du gouvernement d’abaisser ce taux à 0,5% au 1er février est un mauvais coup pour les classes populaires et moyennes de notre pays qui, dans un contexte difficile, s’astreignent à mettre un peu d’argent de côté. Certes Bruno Le Maire peut invoquer la « formule mécanique » de fixation de ce taux qui, pour faire simple « moyennise » celui de l’inflation et celui du marché monétaire qui est proche de 0. La réalité est que le gouvernement peut parfaitement s’en écarter et déterminer celui qui convient le mieux aux intérêts du pays. Mais la volonté de l’élite néolibérale est de pousser l’épargne populaire vers les produits financiers et boursiers, car ce sont eux qui alimentent la profitabilité de ses principaux soutiens – banques, assurances et courtiers – ou sur l’immobilier, qui représente une manne pour l’Etat avec ces « frais de notaires » qui pour l’essentiel sont constitués de taxes.

Face à ce chantage imposé à nos compatriotes – « jouez au casino sinon vous perdrez lentement votre capital » – nous voulons apporter une solution pragmatique et juste. Il faut éclaircir la véritable jungle des livrets qui sont au nombre de 5 (Livret A, Livret de Développement Durable et Solidaire, Livret d’Epargne Populaire, Livret Jeune et bien sur le Plan d’Epargne Logement) dont les plafonds, les conditions et les avantages diffèrent. Nous voulons créer un nouvel outil simple et unique : le Livret d’Epargne National. Accessible à tous sans condition, il offrira « en même temps » indexation sur l’inflation et défiscalisation. Son plafond de 50.000 euros par adulte et 25.000 euros par jeune reflètera les besoins de sécurité et de liquidité des classes populaires et moyennes. La Caisse des Dépôts et Consignation en sera le dépositaire principal, comme aujourd’hui, et la destination des fonds restera également la même (financement du logement social et des collectivités, des PME et du micro-crédit). Le coût éventuel du dispositif sera assumé par l’Etat moyennant une hausse de la Taxe sur les Transactions Financières.

Si nous comprenons l’intérêt relatif que peut représenter une politique de taux bas sur l’économie nous voulons que les marchés financiers, qui en sont les principaux bénéficiaires, contribuent à la compensation des pertes en capital qu’elle représente pour l’épargne populaire.