Le 18 septembre 2018, dans le cadre d’un discours sur la transformation du système de santé, Emmanuel Macron présentait la réforme qui était censée améliorer les conditions d’études des étudiants en médecine, abaisser le taux d’échec en première année et au final permettre l’augmentation du nombre de personnels soignants formés. La fin du fameux numerus clausus couplée à la fin du redoublement devait, en théorie, répondre à l’épineuse problématique des déserts médicaux.

Mais depuis son application dans toutes les universités de France en septembre 2020, le projet en apparence vertueux du gouvernement s’est métamorphosé en cauchemar pour les étudiants qui font aujourd’hui les frais d’une année de transition angoissante qui n’a pas été anticipée. En effet, alors que les doublants de l’ancien système PACES (première année commune aux études santé) peuvent retenter leur chance cette année avec l’avantage de l’expérience et donc 2,5 plus de chance de réussir, la promesse d’augmentation des places en 2e année n’a pas été respectée dans la totalité des facultés pour permettre l’accession des étudiants primants. Par conséquent, le taux d’échec de cette promotion PASS/LAS 2020-2021 risque de battre des records alarmants. Les étudiants qui découvrent la première année de médecine dans un environnement sanitaire fortement dégradé lié à l’épidémie de Covid-19, subissent les difficultés de l’ancien système avec un très faible taux de réussite et en même temps, les vices de la réforme avec l’impossibilité d’obtenir une seconde chance l’année suivante.

Alors que notre pays est confronté à une crise sanitaire sans précédent et que nos gouvernants pleurent sur le lait renversé du manque chronique de soignants, les conséquences de la réforme Macron risquent de fragiliser l’offre de soins avec le sacrifice de toute une génération d’ex futurs médecins.

Bruno Bilde tient à apporter son soutien aux collectifs de parents qui se sont créés dans les universités et dénonce l’injustice qui frappe leurs enfants. Il demande au gouvernement d’écouter la détresse des étudiants et d’ouvrir sans tarder davantage de places en 2e année de médecine pour éviter un terrible gâchis humain.