Communiqué de presse de Marine Le Pen, Présidente du Rassemblement National

L’enquête sur l’attaque perpétrée ce jeudi à la Préfecture de police de Paris et ayant causé la mort de quatre personnes, est donc désormais menée par le Parquet national antiterroriste (PNAT). Cette intervention, qui au vu des éléments paraît tout à fait légitime, arrive après plus de 24 heures, alors même que le PNAT demandait depuis l’origine à se saisir de l’affaire. Pourquoi autant d’attente ?

Depuis l’attaque, et jusqu’à tard hier encore, nous avons eu droit au désormais classique discours sur le “déséquilibré”, le “cas isolé”, et bien entendu le “voisin discret”. Un discours relayé par tout le gouvernement, mais aussi il faut bien le reconnaître par de nombreux observateurs médiatiques, éditorialistes et même journalistes. Ainsi, tandis que la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye mettait en garde contre “les élucubrations des réseaux sociaux”, déclarant qu’il n’y avait pas “d’indication sur une éventuelle radicalisation”, sur un plateau de télévision Mourad Boudjellal qualifiait de “chiens” ceux qui envisageaient que l’assassin soit un islamiste, et les responsables du Rassemblement National invités dans les médias se retrouvaient accusés d’en faire trop ou de propager des “fake news”.

Ces attaques extrêmement virulentes contre ceux qui se permettaient – eu égard à un faisceau d’indices s’affirmant de plus en plus précisément – d’envisager une vision un peu différente des événements, cette quasi-unanimité, traduisent un vrai problème dans la gestion de l’information. Une certaine homogénéité idéologique se traduit désormais par une conjonction presque parfaite entre récit gouvernemental et récit médiatique. Et dans ce contexte, le procès immédiatement dressé à tous ceux qui se permettraient ne serait-ce que de douter, apparaît comme un puissant inhibant, voire anesthésiant. Julien Dray lui-même – pourtant socialiste, fondateur de SOS Racisme – a déclaré sur LCP : “Je commence à en avoir assez que pour ne pas affoler l’opinion, on raconte n’importe quoi”.

Une chose apparaît désormais certaine : l’attaque a été perpétrée par un islamiste ! Oui, Mickaël Harpon avait déjà donné des signes de radicalisation : comme le rapportent ses propres collègues, il s’était réjoui de l’attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015, avant quelques mois plus tard de partager sur les réseaux sociaux un article attaquant “l’islamophobie” de la France. Oui, Mickaël Harpon évoluait dans un environnement islamiste : il fréquentait une mosquée radicale de Gonesse et était en contact avec un prêcheur salafiste. Oui, Mickaël Harpon avait prémédité son attaque : il avait acheté un couteau en céramique (permettant de déjouer les contrôles) le matin même, et en avait même prévenu sa femme par SMS, laquelle répondait par un laconique “Seul Dieu te jugera, Allahou akbar”, laissant peu de doutes là encore.

Et malgré tout cela, Mickaël Harpon travaillait comme informaticien au sein des services de renseignement de la Préfecture de police de Paris, dans l’un des pôles qui est donc en charge de la lutte contre la menace islamiste. Et malgré tout cela, il était titulaire d’une habilitation secret-défense, ayant ainsi accès à des informations particulièrement sensibles. Et malgré tout cela, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a déclaré jeudi que Mickaël Harpon “n’avait jamais présente de problème comportemental” ni “le moindre signe d’alerte”. La frontière entre le déni et la désinformation apparaît ici particulièrement poreuse…

La présence d’un islamiste, dont tous les éléments démontrent aujourd’hui qu’il aurait dû non seulement être signalé mais être exclu, au cœur même de notre dispositif de renseignement témoigne de dysfonctionnements lourds, et d’une menace gravissime. Cette menace au sein de nos services fait écho aux craintes maintes fois exprimées directement auprès de moi par des policiers s’inquiétant de voir des individus radicalisés et dûment signalés, simplement mutés… “Il disposait notamment des adresses de chaque fonctionnaire” s’inquiète ainsi un policier dans les colonnes du Parisien, et à la lecture de ces mots on ne peut s’empêcher de penser à toutes les fois où nos forces de l’ordre ont été directement prises pour cible et en particulier à la tuerie de Magnanville, où un couple de policiers fut assassiné à son domicile, devant leur enfant de 3 ans.

L’affaire est particulièrement grave. Les dysfonctionnements sont particulièrement sérieux. C’est pourquoi je demande, au nom des députés du Rassemblement National, l’ouverture immédiate d’une Commission d’enquête :
– Permettant d’établir l’ensemble des responsabilités, dans ce qui apparaît déjà comme un scandale d’État, alors que des membres de la DDRP évoquent des pressions pour ne pas évoquer les alertes antérieures sur la radicalisation de Mickaël Harpon. L’ensemble des responsabilités, jusqu’à celle du ministre de l’Intérieur, qui devrait tirer toutes les conséquences de la situation.
– Réalisant un audit complet de la radicalisation islamiste au sein de nos services publics et en particulier au sein de nos forces de défense et de sécurité – armée, gendarmerie, police. En juin dernier, un rapport parlementaire faisait ainsi état de la présence de 15 personnels radicalisés au sein de la Préfecture de police de Paris.
– Établissant des propositions pour simplifier les procédures permettant d’écarter et radier ces individus, cela pour la sécurité de nos policiers craignant cette menace dans leurs murs, et plus largement pour la sécurité des Français.

La création de cette Commission d’enquête est non seulement nécessaire mais apparaît désormais urgente face aux défaillances constatées et répétées du ministre de l’Intérieur Castaner.