Le Rassemblement national appelle tous les députés, en particulier LR, à soutenir nos initiatives pour refuser le passage en force d’une Programmation Pluriannuelle de l’énergie ruineuse pour la France.
Comme nous le craignions, Emmanuel Macron avait bien l’intention de passer en force pour imposer la 3ème Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE3), alors qu’elle poursuit et aggrave une politique qui appauvrira les Français et ruinera notre économie, en particulier notre industrie et notre agriculture.
Cette PPE3 est illégale et illégitime. Illégale, car elle ne respecte pas la loi « Energie - Climat » de 2019, votée par les macronistes eux-mêmes, imposant « qu’avant le 1er juillet 2023, puis tous les cinq ans, une loi détermine les objectifs et fixe les priorités d’action de la politique énergétique nationale ».
Or, le 17 octobre 2024, l’Assemblée nationale a rejeté la Proposition de loi portant programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l’énergie qui reprenait l’orientation générale de cette PPE3.
Le Premier ministre fait donc le choix grave d’écraser le vote de l’Assemblée nationale, confirmant la dérive illibérale que plus personne ne peut nier et qui devrait inquiéter tous nos concitoyens.
Cette PPE3 est aussi illégitime, car elle est en réalité adoptée sous la pression de la Commission européenne, qui a ordonné au Gouvernement français, le 30 janvier 2026, de transposer totalement, avant deux mois, la directive européenne RED III sur les énergies renouvelables. Or, cette directive dicte littéralement les arbitrages de cette PPE3, expliquant l’irrationalité des arbitrages contre les intérêts français.
Sur le fond, cette PPE 3 confirme une explosion des coûts, et donc des prix des énergies en France, provoquant des effets désastreux en cascade sur toute notre économie et le pouvoir d’achat des familles.
Cette PPE 3 revendique d’augmenter les prix du gaz et des carburants de 50% et grave dans le marbre un prix pour le nouveau nucléaire de 100€/MWh. Le Gouvernement choisit d’appauvrir les Français et de faire peser un poids insupportable sur nos entreprises. Alors que les États-Unis et la Chine multiplient les efforts pour proposer des prix bas de l’électricité, du gaz et du pétrole par rapport au continent européen, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornuchoisissent une voie suicidaire pour notre compétitivité. Ce choix est d’autant plus intolérable que la France a tous les atouts pour devenir un « paradis énergétique » avec le plan du Rassemblement national.
À ce titre, la PPE3, tout comme les nouveaux travaux de RTE, acte la fin du mirage macroniste de la réindustrialisation de la France en estimant que notre secteur manufacturier stagnera entre 9 et 12%, y compris après 2040.
Le Gouvernement avoue qu’il ne se soucie pas des conséquences de ses arbitrages en refusant de chiffrer le coût économique et budgétaire de cette PPE3 sur tous les secteurs de l’énergie, mais aussi du logement, du transport, de l’agriculture, de l’industrie, de la pêche, de la sylviculture ou encore du numérique. Le groupe RN a d’ailleurs demandé une « mission-flash » en Commission des Finances pour estimer enfin cette facture globale pour l’économie et le budget.
Le Gouvernement minimise lourdement son impact budgétaire puisque par définition, toute atteinte à l’économie et à la croissance finit par se payer par moins de recettes fiscales et davantage de dépenses pour éponger les factures.
Le Gouvernement ignore, par exemple que si les subventions aux énergies intermittentes devaient baisser, c’est parce que les prix, donc la facture des Français, seraient élevés. À l’inverse, si les prix étaient bas, les subventions exploseraient. Dans les deux cas, ce sont les consommateurs et les entreprises qui paieront. Quoiqu’il arrive, la facture économique des nouvelles installations ENRi sera de 100 à 133 milliards d’euros, et près de 240 milliards pour l’ensemble des ENRi depuis leur développement initial. Présenter les choses autrement est d’une immense hypocrisie.
Le Gouvernement revendique également d’utiliser des instruments « non budgétaires », à savoir les dizaines de milliards d’euros que coûteront sur la période les Certificats d’économie d’énergieet les Certificats de production biogaz. Pour 2030, cette seule facture payée par les Français et les entreprises sera de 15 milliards d’euros.
Sur la programmation énergétique elle-même, les annonces du gouvernement sont parfaitement mensongères, manipulatoires voire dangereuses.
Il prévoit ainsi une production d’électricité décarbonée de 585 TWh en 2030 et de 650-693 TWh en 2035, soit une hausse de 13% et jusqu’à 34% par rapport à 2026. Totalement irréaliste sur le plan technique, cette projection est parfaitement absurde en termes économiques puisque RTE indique que la France ne consommera nullement ces niveaux d’électricité en 2035, tablant entre 505 TWh et 580 TWH avec une reprise importante de l’électrification des usages qui ne pourrait arriver que par des baisses de cout et de prix… rendus impossibles par cette PPE3 !
Il est d’ailleurs consternant que le Premier ministre n’assume plus la baisse de la consommation d’énergie finale prévue à -17% en 2035, une véritable décroissance organisée qui affaiblira le pouvoir d’achat des ménages et la richesse nationale.
Il est tout aussi consternant que le Premier ministre choisisse de mentir sciemment aux Français sur les effets de la modulation des réacteurs nucléaires. Les rapports disponibles ont démontré que le RN avait dit la vérité depuis le départ : la modulation des réacteurs imposée par la forte variation de production des énergies intermittentes provoque de lourdes conséquences sur la rentabilité et la durabilité des réacteurs. Que le Premier ministre continue à nier ces réalités est une faute lourde et fait peser un réel danger sur notre parc nucléaire.
Enfin, cette PPE3 n’est nullement un plan de relance du nucléaire ou de l’hydroélectricité, mais bien une accélération des énergies intermittentes éoliennes et photovoltaïques en accord avec la Commission européenne et les lobbies qui s’enrichissent sur le dos des Français.
Ainsi, sur le nucléaire, la PPE3 prévoit que le parc français produira entre 2030 et 2035 à peine 2% de plus qu’en 2025 et 12% de moins que la production de 2006 ! Seuls 6 réacteurs sont lancés, et non 14 comme annoncés en 2022. Le Gouvernement renie ainsi les objectifs d’EDF sur la production d’électricité nucléaire et les capacités à venir par le programme d’augmentation de puissance des réacteurs déjà lancé. Il acte un coût et un calendrier intolérables pour les EPR2 et ne propose aucun projet sérieux pour prendre le relais d’Astrid.
Sur l’hydroélectricité, la PPE3 acte en réalité le gel de la production malgré une légère hausse de la puissance installée, bien inférieure à ce que la France devrait faire avec cette énergie souveraine, propre et peu cher.
Hélas, sur les énergies intermittentes, c’est tout l’inverse : l’éolien terrestre va augmenter de 50% en 2030 et doubler d’ici 2035, l’éolien sur mer sera multiplié par 15 et le photovoltaïque par 4 entre 2023 et 2035.
Une étude comparative entre le projet de PPE3 encore en ligne et la communication du Premier ministre de ce jour démontre que certaines évaluations sont mensongères. Ainsi, Matignon a artificiellement gonflé le taux de charge estimé des éoliennes terrestres et du photovoltaïque en 2035, tout en jouant de manière ahurissante avec des fourchettes de valeur ne voulant, au final, plus rien dire. Cette magouille cherche à minimiser la puissance installée pour ne pas faire peur aux Français tout en satisfaisant les exigences de la Commission européenne.
Autrement dit, soit le Gouvernement ment aux Français quand il dit qu’il y aura moins d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques, soit il ment à la Commission européenne. L’expérience montre que la 1èrehypothèse est sans doute la bonne.
Compte tenu de la gravité de cette politique, nous appelons les députés attachés à la défense de l’intérêt des Français à la cohérence en soutenant nos initiatives.
Nous pensons aux députés et sénateurs LR qui ont exprimé leur consternation, en particulier Bruno Retailleau qui a indiqué que la PPE « compromettait l’avenir économique et industriel de la France ».
Nous invitons les députés qui le souhaitent à déposer sous 7 jours une motion de censure transpartisane que le RN est prêt à signer et à voter. Faute de quoi, le RN déposera sa propre motion.
Le groupe RN déposera en parallèle, dans les meilleurs délais un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler ce décret parfaitement illégal.