C’est officiel : Ursula von der Leyen a proposé hier dans une déclaration de « presque quadrupler » l’aide humanitaire de l’Union européenne à l’Afghanistan, la portant ainsi à environ 200 millions d’euros pour 2021.

 

Une somme qui s’ajoute à l’aide au développement, dont le montant devait atteindre un milliard d’euros pour la période 2021-2027. Si la présidente de la Commission a cru bon d’évoquer, vaguement, des conditions en matière de droits de l’homme ou s’agissant du sort réservé aux femmes ainsi qu’un gel provisoire, elle semble donc acter implicitement l’idée d’une coopération future avec le pays, même sous le régime des talibans.

 

Tout ceci est consternant à plusieurs titres. Tout d’abord parce que, et je n’ai eu de cesse de le souligner, l’Afghanistan reste largement dépendant d’une aide internationale considérable (le pays est depuis 2002 le premier bénéficiaire de l’aide européenne au développement), sans que des progrès tangibles aient été accomplis – que ce soit s’agissant des femmes ou, par exemple, de la culture de l’opium- et sans coopération migratoire effective en retour.

 

Deuxièmement, et c’est encore plus grave, parce que, de manière plus ou moins directe, cette aide financera le régime taliban et donc vraisemblablement par ricochet le terrorisme islamiste mondial.

 

Si cette déclaration de la Commission européenne répond à mes questions répétées quant au devenir du soutien financier européen à l’Afghanistan – car d’aucuns oublient volontiers de préciser que le retour des talibans aux affaires était largement prévisible, au moins depuis les négociations de Doha- elle n’en est pas moins scandaleuse.

 

Député français au Parlement européen en commission du développement, j’aurai à cœur d’exiger l’ouverture d’un débat parlementaire sur cette question ainsi qu’une transparence absolue sur les montants en jeu et le devenir des fonds alloués.