Accompagnement des élèves handicapés: de l’urgence de revaloriser le statut des AESH

Communiqué de France Jamet, député français au Parlement européen, membre de la commission de l’emploi et des affaires sociales. Conseillère régionale d’Occitanie.

En France, des milliers d’enfants handicapés sont confrontés à de grandes difficultés pour accéder à l’école. Dans le département de l’Hérault, en Occitanie, 264 enfants sont ainsi en attente d’un AESH (Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap), sans qui il leur est impossible de suivre une scolarité normale.

La raison de cette pénurie d’accompagnants ? Les conditions du métier d’AESH, difficile et mal payé, n’ont au contraire cessé de se dégrader: salaire oscillant entre 600 et 800€ par mois, temps incomplets, statut et contrat précaires, absence d’indemnité REP dans les zones prioritaires…

Loin d’arranger la situation, la loi Blanquer de 2019 affecte les AESH dans une circonscription scolaire, où les directeurs d’établissement assurent leur gestion et leur répartition. Pour les AESH, c’est plus d’élèves à accompagner, sans augmentation du nombre d’heures travaillées ni de rémunération, tout en devant assumer leurs frais de déplacement entre plusieurs établissements éloignés, notamment en milieu rural. Pour les enfants handicapés, c’est un déficit d’accompagnement individualisé et personnalisé.

Le droit à l’éducation pour tous étant l’un des piliers fondamentaux de notre démocratie, le Gouvernement doit urgemment revaloriser le statut des AESH pour combler la pénurie. Cela signifie plusieurs réformes majeures, telles qu’un recrutement sur concours qui octroierait aux AESH le statut de fonctionnaire, une formation conjointe avec les futurs enseignants, une meilleure rémunération et un emploi à temps plein.