Ce 8 octobre, unis dans le même sectarisme, la gauche et le bloc central, à l’exception de quelques députés LR qui ont sauvé leur honneur, ont empêché, à 6 voix près, l’adoption de la résolution du groupe Rassemblement National consacrée à l’accès à l’eau potable dans les outremers.
Cette coalition partisane, mesquine et indécente a préféré renoncer aux principes fondamentaux qui devraient inspirer tout serviteur public plutôt que d’accompagner cette résolution apolitique défendue par la députée de Mayotte, Anchya Bamana.
De quoi parlons-nous lorsque nous évoquons la question de l’eau en outre-mer ? D’un service public de confort ? D’une commodité urbaine ? En aucun cas. Il s’agit d’un droit fondamental qui n’est plus respecté, d’unbien vital qui disparaît, et d’une urgence humanitaire de plus en plus préoccupante.
Huit ans après la mise en place du « Plan Eau DOM », la situation demeure calamiteuse. 75 000 citoyens, ressortissants de la sixième puissance économique mondiale, n’ont aucun accès à l'eau potable en Guyane et à Mayotte. 30 % de la population mahoraise sont privés d’accès direct à l’eau courante. En Guadeloupe et en Martinique, les habitants vivent au rythme des coupures chroniques et des « tours d'eau » endémiques et épuisants, pendant que 50 %, 60 %, et parfois jusqu’à 80 % de la ressource se volatilisent du fait de canalisations passoires.
Au total, la santé de plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes est mise en danger et leur dignité bafouée.
Ces parlementaires qui ont fait preuve du plus aveugle sectarisme, se sont aussi rendus complices d’une injustice sociale majeure. Car ce sont les Français des outremers qui paient l'eau la plus chère de France. Lafacture d’eau représente 1,4 % du budget d'un ménage dans l'Hexagone, mais elle atteint 3 % à La Réunion, 6,2 % en Guyane, et jusqu’à 25 % pour les foyers les plus modestes à Mayotte. Un quart des revenus d'un ménage précaire absorbé par la simple nécessité de s'hydrater et de se laver !
Voilà la triste réalité des outremers après dix ans de macronisme. En refusant de le voir et surtout de s’associer à la résolution du Rassemblement National pour faire de l’accès à l’eau une grande cause publique et transpartisane, les parlementaires du bloc central et de la gauche ont fait de ce 8 octobre un jour sombre pour la représentation nationale.