La Commission européenne a, le 6 avril 2021, autorisé une aide à Air France, en difficulté à la suite de la chute du trafic aérien en 2020, grâce à un investissement de la part de l’État français de 4 milliards d’euros.

Il faut saluer l’assistance apportée à notre compagnie nationale, fleuron stratégique et outil d’aménagement du territoire. Mais l’autorisation européenne contient des conditions qui remettent en question l’indépendance industrielle de la France.

D’abord, l’aide réelle n’est que d’un milliard, qui s’ajoute en fait à une aide précédente. Ensuite, l’État devra, dans l’année, présenter un plan de retrait financier, sans quoi, au bout de six ans, Air France subira une restructuration imposée par Bruxelles. Un mandataire européen jouera les chiens de garde.

De plus, les dividendes de l’action Air France seront suspendus jusqu’au rachat total des parts de l’investissement de l’État, ce qui pénalisera les petits porteurs.

Plus grave, Air France devra céder dix-huit créneaux de desserte quotidiens de l’aéroport d’Orly à la concurrence. La Commission européenne ose prétendre que cette opération fera baisser les prix : il n’en sera rien, car les créneaux seront attribués à d’autres compagnies aériennes opérant d’autres trajets. La perte sèche sera pour la desserte de nos territoires, notamment ultramarins.

Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, loin de s’y opposer, vantent cette aide en forme de trahison, et s’empressent d’obéir à Bruxelles. Afin de préserver notre autonomie et d’éviter le désastre, nous réclamons :
– Que les aides soient conditionnées à la sauvegarde de l’emploi par Air France plutôt qu’à une folle et idéologique ouverture à la concurrence ;
– Que le maintien des liaisons aériennes entre nos territoires soit garanti ;
– Que les aides d’état accordées par la France, État souverain, ne soient plus soumises à l’approbation de la Commission européenne.

Face à une Union qui crée la désunion européenne, faisons le choix de la nation !