Communiqué de Dominique Bilde, député français au Parlement européen

« La cour des comptes ne sait que critiquer ! » larmoyait ce matin Jean-Pierre Masseret dans les colonnes de l’Est Républicain. Il est vrai que les sages de la rue Cambon, dont la mission première est d’améliorer ce qui peut l’être dans le millefeuille du service public français, n’ont pas coutume de distribuer des bons points.

Du reste, Didier Migaud n’y est pas allé de main morte dans sa critique des grandes régions. Au total, cinquante millions d’euros auraient été dépensés pour aligner le régime indemnitaire des fonctionnaires, la région Grand Est récoltant le bonnet d’âne, avec seize millions d’euros. Un record !

Évidemment, le passage de trois à une région a provoqué des dépenses de personnel supplémentaires, puisqu’il s’agissait évidemment de proposer aux fonctionnaires un régime indemnitaire équitable. « Gouverner, c’est prévoir » dit l’adage, et les têtes pensantes régionales auraient pourtant dû anticiper ces difficultés. L’honorable institution s’en prend également au maintien de trois sites régionaux -Strasbourg, Metz et Châlons-en-Champagne, outre les douze agences régionales- peu propice aux économies de fonctionnement.

Ce jugement au vitriol n’est d’ailleurs que la partie émergée de l’iceberg. Car outre une bérézina financière dont l’évidence ne semble échapper qu’à un Jean-Pierre Masseret ou un Philippe Richert, trop heureux de se raccrocher à quelques menues « économies sur l’immobilier » ou autres « économies d’échelle » parfaitement hypothétiques, la création du Grand Est aura ouvert la boîte de Pandore des particularismes régionaux. Particularisme alsacien d’abord, avec la création prochaine de la « collectivité européenne » réunissant Bas et Haut-Rhin. Particularisme mosellan ensuite, avec des appels toujours moins voilés de Patrick Weiten, président du département de Moselle, en ce sens. Un désastre économique aussi bien que politique, que le Rassemblement National avait, une fois encore, prévu et annoncé.