Le 10 mai est la journée nationale de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition.

Dans sa longue, riche et tumultueuse histoire, la France a connu ses heures de gloire et ses moments d’indignité. Comme d’autres nations avant elle, dans des sphères civilisationnelles et religieuses différentes, elle s’est abandonnée un temps au commerce le plus vil et innommable de la traite humaine.

Au nom d’une logique mercantile, elle a, dans un contexte et une époque qui méconnaissaient le principe d’égale dignité humaine, tiré profit de cette odieuse pratique.

La France n’oublie pas cette page sombre, elle sait reconnaître ses terribles moments d’égarement, tout comme elle ne doit pas oublier qu’elle fut la première grande nation à abolir l’esclavage.

En ce jour de souvenir, mes pensées vont en premier lieu vers nos compatriotes ultramarins dont les territoires et les populations ont eu à souffrir de cette traite.

Je leur dis mon indéfectible attachement tout comme mon plein et entier engagement à les remettre au cœur des priorités et des politiques publiques, eux dont l’éloignement géographique, tout autant que le désintérêt et l’indifférence manifestés depuis des années par les pouvoirs publics, ont conduit à les traiter en des Français entièrement à part alors qu’ils sont et demeurent des Français à part entière.

Se souvenir pour ne pas oublier les drames du passé serait cependant une démarche incomplète et insatisfaisante, si l’acte mémoriel et compassionnel devait passer sous silence ou ignorer les drames du présent.

L’esclavage tel que l’histoire nous l’a enseigné a fort heureusement disparu, mais il s’est mu au fil des mutations et bouleversements de notre monde en de nouvelles formes terribles, aboutissement hideux de la mondialisation à outrance, de la course effrénée au profit, de la recherche à tout prix du meilleur rendement pour satisfaire l’appétit insatiable d’une élite financière et économique.

Le trafic d’êtres humains organisé par les passeurs en Méditerranée et qu’encouragent sous couvert d’humanisme dévoyé des ONG financées par l’Union européenne, participe de cet esclavage moderne, de même que les conditions de vie, de travail et de protection sociale, indignes auxquelles sont soumises des masses de travailleurs déracinés ou exploités par des multinationales sans scrupules et qui le payent parfois de leur vie.

Lutter contre la résurgence de ces nouvelles formes d’exploitation humaine est de la responsabilité des politiques.

L’esclavage tel qu’il fut pratiqué a été reconnu comme un crime contre l’humanité, sa forme moderne et la traite humaine économique qui en découle est une abomination, que la France, dans laquelle il fut un temps, les peuples du monde opprimés voyaient comme un symbole contre les tyrannies, se doit de combattre avec énergie et détermination.

Elle nécessite notamment de rompre avec l’ultralibéralisme et le mondialisme et de remettre l’économie au service de l’homme et non l’inverse.