Violences armées en Guadeloupe : nos parlementaires écrivent au gouvernement

Rody TOLASSY

Communiqué

16 janvier 2026

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
Monsieur le Garde des Sceaux, ministre de la Justice,
Madame la Ministre de l’Outre-mer,

La Guadeloupe saigne.

Chaque semaine, chaque mois, des vies sont fauchées par une violence devenue structurelle, banalisée, presque installée. Derrière les statistiques froides, il y a des familles brisées, des mères endeuillées, des enfants traumatisés et une population qui vit désormais avec la peur comme horizon quotidien.

L’année 2025 s’est achevée avec 52 morts liés aux violences armées en Guadeloupe. Un chiffre insupportable pour un territoire de cette taille, un chiffre indigne de la République. Et comme un sinistre présage, l’année qui vient de s’ouvrir compte déjà trois nouvelles victimes. Trois vies de trop. Trois drames de trop.

Nous ne pouvons plus nous contenter de discours, de plans successifs sans moyens réels ni d’annonces sans lendemain. La situation exige une réponse exceptionnelle, ferme, coordonnée et durable de l’État.

À ce titre, nous avons saisi Monsieur le préfet de région par courrier sur cette même thématique, afin de coordonner nos efforts et d’inscrire l’action de l’État dans une logique de cohérence, d’efficacité et de responsabilité partagée.

Par ailleurs, votre prédécesseur au ministère de l’Intérieur, lors de son déplacement en Guadeloupe, notamment le 23 août 2025, a formulé un certain nombre d’annonces qui semblaient aller dans le bon sens.
Nos interrogations portent aujourd’hui sur le calendrier précis de mise en œuvre de ces annonces, ainsi que sur leur traduction concrète sur le terrain. La population guadeloupéenne attend des actes, pas seulement des intentions.

Les chiffres, eux, sont implacables. Le taux d’homicide en Guadeloupe atteint 11,3. Rapporté à la population de l’agglomération marseillaise, cela représenterait l’équivalent de plus de 220 homicides par an.

Le Gouvernement accepterait-il qu’une région ou qu’une grande ville de l’Hexagone connaisse un tel niveau de violence ?

Accepterait-il qu’un territoire français présente un taux d’homicide comparable à celui de pays longtemps considérés comme parmi les plus violents au monde, à l’image du Salvador ?

Nous vous demandons solennellement, à court comme à long terme, un renforcement significatif et pérenne des forces de l’ordre, tant en effectifs qu’en moyens opérationnels, ainsi qu’un renforcement tout aussi déterminant des moyens alloués à la justice, tel que détaillé dans la pièce jointe.

La Guadeloupe n’est pas un territoire périphérique de la République. Elle est la République. Et l’abandon ressenti par la population face à cette violence gangrénante constitue une blessure démocratique profonde.

Il est encore temps d’agir, mais il n’est plus temps d’attendre. Chaque jour perdu se paie en vies humaines.

Nous vous le disons avec gravité, mais aussi avec l’émotion de celles et ceux qui n’en peuvent plus de compter leurs morts : la sécurité n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental. En Guadeloupe comme ailleurs.

Nous restons à votre disposition pour un échange rapide et opérationnel, dans l’intérêt exclusif de la population guadeloupéenne et du respect de l’autorité républicaine.

Nous vous prions d’agréer, Messieurs le Ministre de l’Intérieur, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Madame la Ministre de l’Outre-mer, l’expression de notre haute considération.

Rody TOLASSY - Député européen
André ROUGE - Député européen
Matthieu VALET - Député européen
Michaël TAVERNE - Député du Nord

Plan global de lutte contre les homicides liés aux règlements de comptes et narcotrafiquants.

Guadeloupe – Martinique – Antilles

L’octroi de deux forces mobiles supplémentaires :

• Une unité de projection rapide,
• ainsi qu’un escadron de gendarmerie mobile,

nouvellement créés grâce à la LOPMI de 2022, afin de renforcer durablement la présence des forces de sécurité sur le terrain, rassurer la population et lutter efficacement contre la délinquance violente.

La création d’une Cellule de Renseignement Opérationnel Stupéfiants (CROSS) afin de centraliser le renseignement, partager les informations entre les services, coordonner l’action des services de l’État impliqués et orienter les interpellations ainsi que les opérations judiciaires ciblant les réseaux criminels.

Le renforcement et la présence accrue des Centaures de la Gendarmerie nationale, dans un contexte inédit d’ultra-violence marqué par l’usage d’armes à feu et d’armes de guerre par des narcotrafiquants lourdement armés.

Le renforcement considérable du dispositif OFAST Antilles–Guyane, avec l’affectation d’OPJ supplémentaires spécialisés, afin de conduire des procédures judiciaires lourdes et durables de démantèlement des réseaux de trafic de stupéfiants.

L’augmentation des capacités d’action de la Marine nationale, couplée à un renforcement substantiel des moyens des Douanes, pour multiplier les interceptions et permettre des saisies massives et répétées de stupéfiants et d’armes dans les zones maritimes entourant la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique.

Renforcement judiciaire, carcéral et stratégique

La création d’une juridiction spécialisée ou d’un pôle judiciaire renforcé dédié à la criminalité organisée et aux homicides liés aux stupéfiants dans les Antilles, sur le modèle des juridictions nationales spécialisées, afin de centraliser les procédures, accélérer les enquêtes et sécuriser magistrats et enquêteurs.

Projection d’une unité de la BRAV-N lors du carnaval

Le renforcement massif du renseignement pénitentiaire dans les établissements pénitentiaires ultramarins, de nombreux règlements de comptes étant commandités ou pilotés depuis la détention :
– isolement strict des têtes de réseaux,
– écoutes renforcées,
– transferts rapides en métropole des profils les plus dangereux.

La mise en place d’une task force dédiée à la lutte contre les armes de guerre, intégrant police, gendarmerie, douanes et partenaires internationaux, afin de démanteler les filières d’importation d’armes utilisées dans les homicides.

Le déploiement pérenne et non ponctuel d’unités d’intervention spécialisées (BRI / RAID projetables), capables d’intervenir immédiatement contre les individus ultra-violents identifiés, afin de reprendre le contrôle du terrain, y compris de nuit.

Frappes financières et protection des témoins

La généralisation des saisies et confiscations patrimoniales, avec un renforcement de l’AGRASC, pour frapper les réseaux au cœur de leur modèle économique : argent, biens immobiliers, véhicules et commerces servant au blanchiment.

Le déploiement d’un dispositif renforcé de protection des témoins, incluant relogement hors territoire et anonymisation accrue, afin de briser la loi du silence qui protège les auteurs d’homicides.

Un renforcement des dispositifs de lutte contre la corruption et les fuites d’informations, par des contrôles accrus, des rotations de personnels sur les postes sensibles et des enquêtes administratives systématiques en cas de soupçon.

Reconnaissance politique du niveau de menace

La reconnaissance officielle d’une situation exceptionnelle de narcoviolence en Guadeloupe et en Martinique, justifiant des moyens policiers, judiciaires, pénitentiaires et militaires renforcés, coordonnés et durables, à la hauteur de la menace criminelle subie par les populations.

Rody TOLASSY

Communiqué

16 janvier 2026

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le Rassemblement National

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