Communiqué de Mathilde Androuët, député français au Parlement européen

Depuis plusieurs mois, la Turquie ne cache plus ses velléités de conquête en Europe et surtout au Proche-Orient : ingérence politique au sein de nos pays européens par la déstabilisation de certaines campagnes électorales et menaces énoncées par voie diplomatique envers ceux qui critiquent le gouvernement Erdogan ; chantage migratoire envers l’Union européenne qui donne plusieurs milliards d’euros à la Turquie pour retenir les milliers de migrants qu’elle envoie pourtant en Grèce ; pression sur Chypre pour mettre la main sur les gisements offshore en toute illégalité ; provocations en mer Égée, soutien appuyé aux groupes islamistes et terroristes en Syrie et Libye pour des enjeux territoriaux ou énergétiques… Le tout dans une impunité des plus déconcertantes !

Les exemples ne manquent donc pas et les derniers jours ont fait honneur à cette triste série. Nous apprenons ainsi qu’un navire turc a illuminé à trois reprises une frégate française engagée dans une mission de l’OTAN – dont fait partie la Turquie ! – avec son radar de conduite de tir. Il s’agit d’un acte extrêmement agressif puisqu’il précède théoriquement l’ouverture du feu. En réponse à cela, seule la France s’est insurgée en annonçant qu’elle allait porter l’affaire au cours des réunions des ministres de la Défense des pays de l’OTAN ce jour.

Si un rapport militaire contre la Turquie participerait à une escalade inopportune des tensions entre ce pays expansionniste et la France, il paraît néanmoins invraisemblable que l’ensemble des organes internationaux et européens restent silencieux devant l’agressivité et l’ambition d’Ankara. Une première solution consisterait à prendre acte du fait que la Turquie n’est plus un allié et ne mérite plus d’être considérée comme tel. Retrouver le sens d’une puissance française et européenne, fidèle à nos intérêts politiques et stratégiques, permettrait déjà d’adopter une posture offensive face aux manœuvres du sultan Erdogan. Il est urgent de dicter la marche à suivre plutôt que de la subir quand il est trop tard. Désormais, il appartient à la France, l’UE et l’OTAN d’agir en conséquence !