« L’autonomie stratégique européenne » : cette chimère que poursuivent les instances européennes, à coups de rapports et de résolutions, sous couvert d’institutions européennes aux titres ronflants, mais impuissantes, telles que la Politique de Sécurité et de Défense Commune ou le Service Européen d’Actions Extérieures, en usant de financements comme celui du Fond Européen de Défense, les parlementaires de la majorité, main dans la main avec la Commission européenne, s’attachent à dépecer méthodiquement les prérogatives régaliennes des Nations pour les soumettre à la politique de l’Union européenne, qui n’est autre qu’une aventure fédéraliste n’osant pas dire son nom.

La doxa bruxelloise ne s’embarrasse pas de cohérence. Les solutions nationales s’imposent, aussi bien dans le monde que sur notre vieux continent. Les montées en puissance diplomatiques et militaires des Nations ottomanes, russes, égyptiennes, chinoises ou iraniennes, héritières des grandes civilisations, en sont des illustrations difficilement discutables. Plus proche de nous, la récente vente des avions de combat Rafale à la Grèce, contrat conclut entre deux Nations souveraines, ne s’est pas embarrassée de considérations communautaires.

Comme la définissait Louis Le Fur à la fin du 19e siècle : « La souveraineté est la qualité de l’État de n’être obligé ou déterminé que par sa propre volonté, dans les limites du principe supérieur du droit, et conformément au but collectif qu’il est appelé à réaliser »

Le Général de Gaulle avait bien compris cela. Il avait déjà pressenti les dérives dans lesquelles s’engouffreraient les héritiers de Monnet et de Schuman. Sur la politique étrangère et la politique de défense en particulier, sa doctrine reste d’actualité : « Il faut que la défense de la France soit française. Un pays comme la France, s’il lui arrive de faire la guerre, il faut que ce soit sa guerre. Il faut que son effort soit son effort. S’il en était autrement, notre pays serait en contradiction avec tout ce qu’il est depuis ses origines, avec son rôle, avec l’estime qu’il a de lui-même, avec son âme ».

Et ce qui vaut pour la France vaut aussi pour les autres pays européens. On voit mal comment ceux-ci pourraient envoyer leurs compatriotes en opération risquer leurs vies hors de ce cadre-là. D’ailleurs, ils le font peu. La France est bien seule pour défendre l’Europe ace à la menace islamiste. Nos soldats paient chèrement cet engagement indispensable.

Le seul cadre possible d’une défense de l’Europe réside dans la souveraineté de chaque Nation européenne. La France devrait pouvoir se positionner comme un pays protecteur et garant de la sécurité de l’Europe. Mais l’Union européenne ne rêve que d’OTAN, quand cette alliance ne voit en l’Europe qu’un vaste marché où imposer les produits de son industrie de défense.
La France doit quitter le commandement militaire intégré de l’OTAN, alliance dont la « mort cérébrale » effectivement constatée par Emmanuel Macron ne masque plus l’usage qu’en font les États-Unis pour imposer leur hégémonie. Ce ne sont pas les propos du président élu Biden qui nous rassureront. L’Otan ne cherche même pas à réfréner les violentes attaques d’Erdogan, pourtant membre de l’organisation, qui rêve d’imposer sur notre continent le califat islamiste qu’il appelle de ses vœux.
Aux antipodes de la volonté du Parlement européen de sortir de l’Histoire en se fondant dans une Europe qu’ils veulent « puissance douce », le Rassemblement National, au sein du groupe ID, continuera de défendre la dissuasion nationale, la souveraineté nationale, le modèle d’armée nationale et son financement national, seuls garants de l’indépendance, de la liberté, et de l’influence de la France dans le monde.