Tribune de Jérôme Rivière, Député européen, Président de la délégation française du groupe ID au Parlement Européen

On l’a d’abord présenté comme Ali H., mineur isolé d’origine pakistanaise. Il s’appelle Zaheer Hassan Mahmoud, il a 25 ans et non pas 18. Il dit venir de Kothli Kazi, un village du district agricole de Mandi, dans le Pendjab au Pakistan. Arshad Mahmoud, qui se présente comme son père, s’est dit « très heureux » et « très fier » des actes de son fils, qui a « protégé l’honneur du prophète ». Que ne ferait-on pour l’approbation d’un père, terrestre ou divin…

En dépit des jérémiades journalistiques, qui refusaient le jour de l’attaque de qualifier les motivations comme islamistes, le bon sens forçait à l’évidence. Il ne fallait toujours pas non plus faire un lien avec l’immigration, dont on ne saurait affirmer sa corrélation avec l’importation de djihadistes sur notre sol. C’est le discours que m’ont tenu certains journalistes du service public quand j’intervenais le jour de l’attaque sur leur antenne, soutenus par Aurélien Taché, qui s’indignait plus d’une potentielle récupération politique du Rassemblement National que de l’attaque elle-même. À chacun ses priorités, et sa vision de la neutralité du service public…

Au-delà du discours sur les chances pour la France que sont les migrants et leurs savoir-faire, cette attaque intervient deux jours seulement après que la Commission européenne a présenté son Pacte Asile et Migration. Cruelle coïncidence calendaire.

Ce pacte est avant tout un constat d’échec, présenté comme une avancée vers plus de fermeté. Constat d’échec d’une politique catastrophique, avec l’arrivée de plus de 5 millions de migrants sur le sol européen depuis 2014. Constat d’échec de la filière du droit d’asile, avec 2/3 des demandes d’asile refusées, et parmi elles un tiers seulement sont expulsés. En France, c’est moins de 10 %.

Pour pallier cela, la Commission propose une plus grande surveillance aux frontières (intention louable, mais pour laquelle les moyens prévus sont en réalité dérisoires), et cherche surtout à régulariser plus d’immigrés en créant de nouvelles filières légales d’immigration. Insidieusement, elle cherche aussi à mettre un peu plus la main sur la souveraineté de nos nations, avec l’instauration d’un système de répartition obligatoire, au nom de la solidarité entre États-membres. Sont directement visées ici la Hongrie et la Pologne, qui refusent les migrants, comme le leur demandent leurs peuples.

Vient ensuite la tartufferie des mineurs isolés. Deux mots pour deux mensonges : ils ne sont ni mineurs, ni isolés. Dans le Figaro du 29 septembre, Jean-Marc Thériaud explique que dans le département du Val-de-Marne, la fraude à l’âge est autour de 80 % ! On estime à 50 000 le nombre de mineurs isolés arrivant en France par an, pour lesquels l’aide Sociale dépense 50 000 euros par an, soit un total de 2 milliards, dépensés par les départements. Une filière lucrative pour les passeurs, qui font payer d’autant plus cher ces trafics de faux mineurs. Et l’on parle ici seulement de la France.

Parmi ses dispositions larmoyantes, le texte stipule : « Les enfants non accompagnés et les enfants de moins de douze ans ainsi que leur famille devraient être exemptés de la procédure à la frontière […] Le système doit être conçu de manière à tenir compte des besoins particuliers des enfants à chaque étape, en offrant des alternatives efficaces à la rétention, en favorisant un regroupement familial rapide. »

Alors que l’on sait que la fraude est massive, rien n’est prévu pour contrôler celle-ci. Combien de nouveaux mineurs isolés de 30 ans, dont la délinquance est massive, l’Europe va-t-elle faire encore entrer de force sur notre sol ?

Au nom des « idées chrétiennes devenues folles » de Chesterton, et d’une humanité transformée en humanitarisme, l’Europe paye aujourd’hui pour se faire envahir. L’Histoire jugera tristement notre folle époque.