Tribune libre de Jean Messiha, Délégué national du RN

Face à la crise profonde de l’hôpital miné par des politiques absurdes menées depuis des années et le facteur aggravant d’une immigration incontrôlée, le gouvernement vient d’annoncer, dans l’urgence et sous la pression d’un personnel hospitalier, une série de mesures. Parmi celles-ci, une attire particulièrement l’attention : la reprise par l’Etat d’une partie de la dette hospitalière sur trois ans.

De quoi s’agit-il ?

Au fur et à mesure des réformes de l’hôpital public ces dernières décennies, cet élément clé de notre système de santé a subi une forme de privatisation déguisée avec l’introduction de la « tarification à l’acte » (dont l’assurance-maladie et les mutuelles sont les payeurs finaux) et un recours important aux banques pour financer les énormes besoins d’investissements requis par le progrès médical et la croissance de la population.

La pression exercée par les pouvoirs publics pour continuellement abaisser le prix des actes afin de satisfaire à l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM) explique la dynamique exponentielle de l’endettement de l’hôpital public. Cette pression se traduit par une enveloppe financière qui est toujours en deçà des besoins médicaux d’un pays qui vieillit et accumule donc des pathologies lourdes et chroniques, qui accueille une part déraisonnable de la misère du monde et qui, par ailleurs, tente de rester à la pointe de la technologie médicale. Ce découplage de long terme entre les moyens loués à l’hôpital public et les besoins grandissants aboutit à un déficit récurrent de ces structures de l’ordre d’un milliard d’euros par an, entraînant l’accumulation d’une dette de 30 milliards d’euros.

Ce passif colossal souscrit auprès des banques coûte beaucoup plus cher que la dette directe de l’Etat d’une part, car elle n’est pas garantie par ce dernier et d’autre part parce que le taux d’intérêt servi par les banques est toujours plus élevé que le taux d’intérêt obligataire auquel se finance l’Etat. Les banques font donc une excellente affaire. Elles se financent auprès de la Banque Centrale Européenne à des taux nuls pour ensuite prêter à des taux situés entre 2 et 4% à des établissements dont on imagine bien qu’ils ne pourront pas faire faillite. Comment, en effet, imaginer un seul instant que l’Etat laisserait tomber des structures aussi stratégiques pour la santé publique que les hôpitaux ? Tandis que lorsqu’elles elles prêtent à l’Etat c’est à 0% ou presque. Résultat des courses, nos hôpitaux doivent payer aux établissements financiers environ 850 millions d’euros d’intérêts par an !

Mais au fait pourquoi ce système de dingue ? D’après la novlangue qui nous est servie depuis des décennies, c’est pour « responsabiliser » les hôpitaux ! Faisons simple : si l’hôpital fait beaucoup d’actes et investit peu, il est à l’équilibre financier (voire excédentaire) et ne s’endette que peu ou pas. Mais s’il veut investir – et l’accélération du progrès technologique dans le domaine médical l’y oblige – il va contracter des emprunts qui vont lui coûter d’autant plus cher que sa situation est dégradée. Il est en quelque sorte puni par les prêteurs qui vont lui réclamer une prime de risque importante sur le taux d’intérêt de leurs prêts. Une logique qui s’applique à une entreprise privée, mais sûrement pas à une structure dont la mission est de soigner quel qu’en soit le coût et la durée et dont la finalité même est passablement incompatible avec une stricte logique marchande.

Que propose le Rassemblement national ?

Le but ici n’est pas de proposer un plan hospitalier alternatif mais uniquement de traiter de la question de la dette.

Il  existe une manière simple de résoudre une bonne partie de l’impasse financière dans laquelle se trouve notre système hospitalier. L’Etat reprend purement et simplement la totalité de cette dette, en renégocie le taux avec nos très chères banques pour le ramener à celui de la dette publique. L’Etat devient ainsi le créancier de ses propres hôpitaux en leur facturant ce que lui coûte ses emprunts, c’est-à-dire presque rien.  Selon un premier chiffrage établi par nos équipes, l’économie serait de l’ordre de 750 millions par an pour nos hôpitaux. Un énorme ballon d’oxygène pour un système exsangue et à bout de souffle.

On nous rétorquera que l’effet pervers de cette mesure sera d’alourdir la dette publique avec le risque de subir les foudres de nos vrais patrons à Bruxelles. Même pas, car les emprunts des hôpitaux publics figurent déjà dans le calcul de l’endettement public selon les critères de Maastricht.

Emmanuel Macron a préféré ergoter et ne reprendre que 10 milliards sur trois ans soit 3,3 milliards d’euros par an. C’est mieux que rien, mais on pourrait faire tellement mieux si le bon sens national était au pouvoir en lieu et place de ce néolibéralisme foutraque !