Par Gilbert Collard, Député du Gard

Tout citoyen a le droit d’exprimer son opinion par la liberté de manifester.

Encore faut-il que l’exercice de cette liberté ne serve pas de prétexte à la violence, au pillage et à la haine de l’autre, particulièrement au ressentiment contre le peuple juif. Ce qui se perpètre, sous nos yeux aveugles, à Barbes, Sarcelles, la Goutte d’or et ailleurs, violences, dégradations, incendies, attaques de véhicules de police, menaces sur des synagogues, antisémitisme, slogans haineux, commis sur le territoire Français contre des Français juifs, est abject. Le conflit israélo-palestinien est un drame des deux côtés. Chacun a le droit de choisir son camp, sous cette réserve absolue que le peuple juif est intangible en Israël, que l’antisionisme ne soit pas un dégueuloir antisémite, un motif d’agression contre le sol de la République, une rupture de ce que les langues de guimauve de la gauche salivaire nomment « le bien vivre ensemble » ! Vouloir s’en prendre à des synagogues, imposer la fermeture des commerces juifs, brûler des drapeaux, n’exprime pas une opinion sur le conflit (que je me dois de respecter), mais seulement la recherche d’un exutoire à un déferlement de haine générale contre des compatriotes et notre pays saccagé sous l’impuissance martiale d’un mou premier ministre ! Qui est coupable du sentiment d’impunité ? Qui ? Ce sont les minables, incapables d’appeler depuis des années un chat un chat, de voir la réalité d’un communautarisme tout puissant renforcé par la prise de conscience du marchandage électoral. Les bonimenteurs ont laissé s’installer cette haine qui casse et pour laquelle nous casquons. Un Etat impuissant, une police démotivée et des quartiers explosifs où brûle la mèche d’un sentiment d’injustice, de discrimination, d’exécration du sol, allumée par la soumission au conformisme répétitif d’un discours politique péripatéticien et faussement moral. La France mérite un autre destin. Ce conflit atroce où chaque mort vaut chaque mort révèle l’état de décomposition de notre République qui baisse son froc, se courbe, chaque fois qu’elle devrait être forte ! Dans les hurlements de la souffrance je ne peux choisir ; une arme d’où qu’elle claque veut tuer, et la différence éthique ne se fait pas dans la quantité d’armements, dans la supériorité de l’un que l’autre voudrait posséder pour en faire le même usage létal.

La France dans ce conflit affiche ses propres conflits. Terre d’accueil devenue terre d’écueil où se fracassent les haines recuites d’une jeunesse que nous n’avons pas su conduire à la tolérance de l’autre, à la vie française, à l’amour assimilateur d’une Patrie unique. Tout se paye, surtout les lâchetés, les démissions, les politicarderies sermonneuses, suffisantes et fallacieuses. Quelles que soient les responsabilités dans ce conflit, personne sur le sol national ne doit en faire les frais. Personne !