Tribune de Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône

Depuis le 2 octobre dernier et le discours du président de la République aux Mureaux, la lutte contre l’islamisme est revenue au centre du débat politique… pour quelques semaines. En effet, le terme ne figure même pas dans le titre de la loi, qui se contente d’un vague « conforter les principes républicains ». Le gouvernement a même renoncé à parler de « séparatisme », une terminologie qu’il a tenté d’imposer dans le débat public pour éviter, comme d’habitude, de « stigmatiser » et de « faire des amalgames ».

Emmanuel Macron a déjà reculé devant les mots, comment pourrait-il s’en prendre à notre ennemi, qu’il ne faut pas craindre de désigner, l’islamisme ? Une pratique violente et totalitaire de l’islam qui n’a pourtant rien à voir avec une quelconque forme de séparatisme. Les islamistes, qu’ils soient wahhabites, salafistes, Frères musulmans, des mouvements Tabligh ou Mili Gorus, n’ont rien à voir avec des Amish : ils ne veulent pas vivre en dehors de notre société. Bien au contraire, ils veulent la corrompre, l’empoisonner pour y imposer la loi islamique, la Charia. Ils n’ont rien contre les principes de la République, pour peu qu’ils fussent islamiques.

Dans ce but, ils reproduisent la méthode employée par les Frères musulmans en Egypte de « l’islamisation par le bas ». Ils s’implantent dans les quartiers, créent des associations de solidarité, de soutien scolaire, de sport, dans lesquelles ils pourront convertir les plus jeunes à leur idéologie totalitaire. Dans ces quartiers, arrosés des milliards d’euros de la politique de la ville depuis des décennies, les activités ou les subventions ne manquent pas. On y crée des associations à la pelle grâce aux subventions généreusement versées par les collectivités publiques.

Et c’est bien là le cœur du mal. Si, bien évidemment, l’islamisme qui se développe en France est intimement lié à l’immigration massive et incontrôlée que nous subissons depuis 1976 et le regroupement familial, il s’ancre dans nos quartiers grâce à la complaisance d’élus locaux, trop heureux de s’assurer une clientèle électorale à coup de subventions. Dans une élection qui se joue à quelques centaines de voix, ces électeurs font la différence entre la victoire et la défaite. On voit pourtant les mêmes parader de plateau en plateau, affirmant leur volonté de combattre l’islamisme… tout en s’assurant de leur soutien dans leur circonscription.

C’est le cas par exemple de la mosquée des Caillols, située dans le 12ème arrondissement de Marseille, dont la mairie d’arrondissements a été dirigée successivement par Valérie Boyer et Julien Ravier (LR). Surveillée de près par la DGSI, l’association « Jeunesse 11/12 » sert de faux nez aux salafistes qui ont pu tranquillement installer leur mosquée dans un local municipal. Pire encore, l’un des dirigeants de l’association se retrouve au cœur de l’enquête sur de possibles procurations frauduleuses émises en faveur de Martine Vassal, candidate (LR) à la Mairie de Marseille en juin dernier. Lors de la perquisition, les policiers ont, selon la presse, mis la main sur une photographie de Valérie Boyer à l’inauguration de la mosquée salafiste.

Toujours à Marseille, Renaud Muselier, président (LR) de la région PACA, a envoyé une de ses élues, Nora Preziosi, également adjointe de Jean-Claude Gaudin, le représenter en octobre 2019 à la Rencontre annuelle des Musulmans du Sud, organisée par l’UOIF, la branche française des Frères musulmans.  Une « tradition » funeste des responsables politiques marseillais puisque Samia Ghali, alors sénatrice, y a aussi pris la parole.

Des exemples comme ceux-là, il en existe des dizaines. Des élus prêts à toutes les compromissions pour quelques suffrages aux élections. On ne pactise pas avec le diable, on ne participe pas à ses réunions ou à l’inauguration de ses lieux de culte : on le combat. Dans les mots et dans les actes. Comment croire à l’engagement sincère de ceux qui affirment devant les caméras s’élever contre les islamistes, mais qui les cajolent sur le terrain ?

Les élus de la République doivent être irréprochables. Pour que la loi à venir soit efficace, elle devra impérativement inclure un délit de compromission avec les islamistes pour toute personne en responsabilités. Subventionner ou fournir des locaux à des musulmans radicaux n’est pas moins grave que de détourner de l’argent public : il faut le sanctionner en conséquence par de l’inéligibilité.

Peut-être alors ces élus arrêteront-ils de voir dans les islamistes de simples pourvoyeurs de voix, mais d’authentiques ennemis de la République.