Tribune libre de Gilbert Collard, Ancien député de la Nation, Député français au Parlement européen

Comment ont-ils pu être à ce point imprévoyants, vaniteux, verbeux ; comment ont-ils pu être à ce point insouciants du sort des Français dont la santé, la vie est maintenant en danger ?

Comment ont-ils fait pour ne pas penser aux médecins, à tous les soignants, aux policiers, aux pompiers, à toute la première ligne qui monte démunie, à cause de l’incurie gouvernementale, au front de la pandémie ?

Comment ont-ils pu refuser de fermer les frontières pendant qu’elles se fermaient ailleurs, presque partout ? Comment ont-ils osé railler la fermeture des frontières, pourtant de bon sens, par nos voisins souverains ? Comment ont-ils osé mentir à ce point ?

Pour faire les beaux devant les micros, pour faire leur cinéma devant les caméras, pour fredonner qu’il ne fallait pas s’affoler, ils ont été d’une efficacité dans la nullité qui relève de l’amateurisme politique, de la vacuité verbale.

Les Chinois ont perdu 3 semaines par mystification d’Etat dans la lutte contre le virus ; il a, de ce fait, dégénéré en pandémie.

Combien de temps les mensonges, combien de temps le maintien du dogme de l’ouverture des frontières érigé en idéal inquisitorial qui amène la présidente de la Commission européenne, le 13 mars, à critiquer la fermeture des frontières nous a-t-il fait perdre de temps, de vies, dans la guerre contre l’animal viral ?

Quel effet mental retardataire sur la prise de conscience du danger épidémique ont eu les discours grippaux des spécialistes diplômés en rhume médiatique ? Temps perdu et occasions manquées !

L’impréparation est totale, elle est à la hauteur de la faillite des élites qui depuis 40 ans se passent le pouvoir, et ont abandonné le pays aux mains de la pensée unique, des lobbies, de la finance déréglée, de la mondialisation : est-il normal que la France dépende de la Chine pour ses médicaments ? Est-il normal que notre armée puisse « déployer », quel mot pour une réalité étriquée, seulement 30 lits de réanimation ? Est-il normal que nos médecins soient démunis, mains nues, visages découverts exposés ? Et qu’il faille maintenant choisir entre qui va vivre et qui va mourir ? Cette seule question devrait renvoyer tous nos donneurs de leçons en art de bien vivre ensemble, en mélodie des bons sentiments, en générosité universelle pour égoïsme particulier, à la réalité : faute de moyens, choix lugubres, on va laisser mourir… Qui ? Pères, mères, frères, sœurs, voisins, voisines, anonymes, des surnuméraires… L’horreur !

On va voir ce qu’on va voir, et cela ne va pas être beau ! Déjà on assiste à des agressions de policiers, des pillages, des cambriolages, des rixes, des vols de voitures, des émeutes, des mutineries en prison, ça c’est l’obscurité ; de l’autre, on voit des hommes et des femmes se dévouer, s’exposer, ça c’est la lumière !