Tribune libre de Gilbert Collard, Ancien député de la Nation, Député français au Parlement européen

Sur un ton martial, mécanique, Macron la mitraille l’a déclaré : « c’est la guerre ! La guerre ! La guerre ! ». Sans jamais oser prononcer le mot confinement.

L’ennemi entre dans notre atmosphère, nos vies, nos poumons, sur nos mains, depuis des semaines, des mois, tuant, blessant un peu partout dans le monde, mais, comme dans la chanson, en France, tout allait très bien Madame la Marquise…

Pourquoi avoir pratiqué, comme chez les mafieux, la loi du silence ? L’impondérable ministre de la Santé, Agnès Buzyn avoue : « quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du Tsunami était devant nous. » Elle parle aussi de « mascarade ! », et elle confesse « on aurait dû tout arrêter ! »…

Véran, le nouveau ministre de la Santé pendant que l’autre se voulait Maire de Paris, médecin aux mains propres et aux mots douteux affirmait le 12 mars : « mettre ses enfants à l’école n’est pas dangereux ! »

Une « mascarade » ?

Oui, une coupable mascarade sans masque, sans gel, sans lits de réanimation suffisants, sans consigne préventive immédiate, sans mobilisation. Et, au nom d’une idéologie idolâtrique, sans frontière !

Une mascarade avec son cortège de complices pontifiant sur les plateaux qu’il ne fallait pas s’inquiéter, que le danger c’est la toux populiste, la pneumonie patriotique de la fermeture des frontières, la scoliose du repli nationaliste… Allons, du calme, comme l’affirmait le président : « un virus n’a pas de passeport ! »

L’Italie s’enfermait dans la peur quotidienne ; Venise n’était plus en Italie ; la mort rôdait dans le néant des rues ; tout un peuple souffrait et trouvait le courage, du tréteau de ses balcons, de chanter son hymne national et Alain Duhamel, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, membre mirobolant des micros chroniques ouvrait le ban de son éternel dodelinement auto-approbatif pour dénoncer « la tragédie théâtralisée » de l’Italie. Tout un peuple souffrait, mais Duhamel savait : comédie, tragédie, polichinelle !

Les discours mensongers ou erronés sur la gravité du virus ont exercé directement un effet contagieux sur la tardive prise de conscience du risque : lourde responsabilité !

Le chef, dit de l’Etat, qui s’endimanche au théâtre, fier comme Scaramouche pour montrer qu’il faut se balader aux bras de Colombine… et BFMTV de commenter dans un roucoulement aujourd’hui patibulaire : « Emmanuel et Brigitte au théâtre pour inciter les Français à sortir malgré le coronavirus ». Merdre ! Comme aurait dit Ubu.

Le même Macron qui s’indigne de la fermeture des frontières en Slovénie et sa porte-blabla Sibeth Ndiaye, qui le 11 mars critique le confinement en Italie ; Buzyn qui professe : « le risque d’importation du virus est modéré ; il est pratiquement nul ! » et qui envoie, en février, les stocks français (des millions) de masques en Chine. Laissons, pour le reste, si vous le voulez bien tous les pitres à titre médiatique, dont le fameux docteur Michel Cymes qui atteint des sommets en décrétant : « il n’y a absolument aucune raison de s’inquiéter » ; pour venir à l’essentiel pénal : les aveux du ministre de la Santé : elle savait, elle le reconnait. Il savait. Il se sont tus ! Ils ont laissé faire… On ne peut l’accepter, Macron doit s’expliquer. Déjà des proches de victimes veulent saisir la justice, enfin ce qu’il en reste, ils ont raison, on doit les aider !