Communiqué de Presse de Philippe Murer, Conseiller à la transition énergétique du Front National

L’examen à l’Assemblée du projet de loi sur la transition énergétique commence aujourd’hui.

Si Ségolène Royal connaît bien son sujet et ne fait en aucun cas preuve d’amateurisme, on pourra remarquer plusieurs contradictions et impasses majeures dans son projet de loi sur la transition énergétique.

Cette transition a deux objectifs majeurs : éviter les rejets de CO2 dans l’atmosphère afin de lutter contre les dérèglements climatiques et se passer à terme des énergies fossiles, de plus en plus chères, polluantes et dont les réserves sont finies.

Il est évidemment impossible de se passer à la fois du pétrole, du gaz, du charbon et de d’électricité nucléaire, qui représentent la majeure partie de l’énergie consommée en France. Un gouvernement responsable doit choisir son cheval de bataille.

Or, la loi prévoit la réduction de la part du nucléaire dans notre production d’électricité et la réduction conjointe de la consommation d’énergies fossiles. Un gouvernement doit savoir trancher, celui-ci ne l’a pas fait.

Le nucléaire existant, dont les installations sont amorties, est de loin l’énergie la moins chère. S’en priver fera forcément grimper la facture d’électricité de tous les Français tout en rendant notre production d’énergie plus riche en carbone. On est donc en complète contradiction avec les souhaits de Ségolène Royal de limiter les émissions de CO2 et de s’attaquer à la précarité énergétique des Français les plus démunis.

Le secteur nucléaire français n’a pas eu à souffrir d’accidents majeurs depuis 40 ans, il est impératif que cela continue. Pour minimiser les risques, il n’y a qu’une solution, de bon sens : que la sécurité passe avant la rentabilité, qu’EDF redevienne une entreprise publique, une entreprise guidée par la sécurité de ses installations et non par la hausse de ses dividendes et de son cours de bourse. Mais, Bruxelles l’interdit à la France : du coup, l’UMPS et Europe Ecologie les Verts s’accommodent de cette dangereuse situation.

Le nucléaire existant offre une indépendance stratégique à la France, une énergie peu chère avec des installations déjà payées, une énergie sans carbone.

Concentrons donc les efforts du pays sur les solutions pour se passer d’énergies fossiles et non sur la fermeture de nos centrales nucléaires! L’exemple de l’Allemagne montre qu’il s’agit d’un contresens absolu : cela est très couteux pour le consommateur et couteux en émission de CO2 puisque de très polluantes centrales à charbon remplacent en partie les centrales nucléaires.
L’autre bizarrerie de cette loi est qu’il n’y a pas ou très peu de financement. La transition énergétique nécessite des investissements très lourds et sur le long terme : des dizaines de milliards d’euros par an sur 20 à 30 ans sont nécessaires pour assurer la rénovation des logements, la transition du transport des énergies fossiles vers l’électricité et l’hydrogène, la production d’énergies renouvelables, le développement de l’économie circulaire. Or, les financements sont quasiment inexistants. L’essentiel du financement doit être apporté par les entreprises privées et par les banques privées ; or celles-ci réclament une très forte rentabilité, prêtent peu et à des taux élevés et n’ont pas un horizon de 20 à 30 ans. Il ne se passera donc malheureusement rien alors que la France a besoin de faire sa transition énergétique pour lutter contre la précarité énergétique, relancer son économie, prendre sa part du fardeau pour s’attaquer au dérèglement climatique.

Cette loi de transition énergétique est donc une opération de communication, sans moyen et sans financement. La France et les Français méritent mieux que cela. Nous rappelons que faire la transition énergétique nécessite une sortie de l’euro pour s’assurer de financements publics à taux bas (la remise en cause de la loi de 1973 interdisant à l’Etat d’emprunter auprès de la Banque de France est une nécessité) et un protectionnisme intelligent afin que les équipements de cette transition soient produits en France, par des entreprises françaises, avec des salariés français (sinon la transition énergétique conduira à un déficit commercial et un chômage encore plus importants).