Communiqué de Nicolas Bay, député français au Parlement européen

Le sommet UE-Chine vient de se terminer. On attendait des actes. Eh bien il faudra encore attendre. C’est Angela Merkel, la chancelière allemande, qui l’a confirmé à la fin de sa conférence de presse en avouant : “parfois les avancées se font au millimètre. Nous espérons que cela aura été le cas aujourd’hui.” On ne saurait mieux dire qu’il ne s’est rien passé cet après-midi…

L’accord sur les investissements sera-t-il signé avant la fin de l’année alors qu’il était annoncé pour cet automne ? Angela Merkel : “C’est possible, je ne peux pas donner de garanties”.

La question des droits de l’Homme ? Charles Michel, président du Conseil européen : “nous continuons le dialogue”. Angela Merkel :”Le dialogue se poursuit.” Mais un dialogue de sourds.

Le climat ? Charles Michel : “Nous encourageons la Chine à mettre en œuvre les accords de Paris” signés par Pékin en 2016. Après le dialogue, les encouragements…

Seul point concret mineur, la signature de l’accord sur les Indications Géographiques Européennes, dossier mis au point l’an dernier et dont la signature était sans doute tenue en réserve pour permettre de donner une note concrète à ce sommet.

Il est certes facile de critiquer des négociations diplomatiques de haut niveau avec un État cynique dont les fondements comme le fonctionnement ne sont pas ceux de l’Europe. Pour autant, la Chine agit comme un révélateur de ce qu’est l’Union européenne. Impuissance, absence de volonté de destin civilisationnel, obsession d’un libre-échange au service d’une mondialisation sans frein. Face à la volonté de puissance chinoise, la politique du millimètre est une sortie de l’histoire pour nos nations et notre continent.