Communiqué de presse du Collectif Nouvelle Ecologie
Philippe Murer, Eric Richermoz

Reporterre nous fait l’honneur de consacrer un article au Collectif Nouvelle Écologie lancé le 10 décembre par le Rassemblement Bleu Marine – Front National. Cet article était prêt depuis un mois et demi. Il semblerait que Reporterre soit très gêné par la dimension écologique que souhaite prendre le Front National. Nous remercions le journaliste de nous donner ainsi l’occasion de faire le point sur notre action.

Comme nombre de médias, Reporterre analyse nos positions en tant que pure communication politique. Décryptage : le Rassemblement Bleu Marine n’a pas le droit d’être sincère, de vouloir une politique respectueuse de l’environnement. Ce sont des hypocrites qui cachent leurs vraies intentions pour prendre le pouvoir et tout jeter aux oubliettes après cela. Malheureusement pour eux, le Collectif a recueilli en trois mois plus de trois cents adhésions et a réuni par trois fois un groupe d’étude et de programme de quinze personnes. Certains font des centaines de kilomètres pour nous rejoindre et exposer leurs travaux ! Oui, Barnabé Binctin, nous sommes nous aussi fermement engagés pour le respect de l’environnement, mais avec une vision totalement différente de la vôtre. Nous pensons et nous assumons que l’écologie doit se conjuguer avec toutes les autres dimensions de notre vie sociale et ne doit pas se faire contre les acteurs de la société. De nombreux projets et normes sont imposés au nom de l’écologie sans considérations d’acceptabilité par la population et pour satisfaire une vision punitive de l’écologie. Nous pensons que cette approche est dépassée et contre-productive : elle a fait détester l’écologie en politique.

Non à l’écologie imposée par le fouet, oui à l’écologie pragmatique, à la discussion, à la concertation et aux décisions nationales ambitieuses.

Au Collectif Nouvelle Écologie, nous sommes pragmatiques et remarquons, comme tous les Français, que les grandes conférences mondiales sur le climat n’ont même pas dégagé de pistes claires pour réaliser la transition énergétique. Nous en sommes pourtant à la 21ème conférence. La négociation internationale, « entre les Nations », a du sens mais ne doit pas servir de prétexte aux États pour fuir leurs responsabilités nationales et souveraines.

Attendre notre salut de décisions supranationales, « au-dessus des Nations », mène à la paralysie car seules les Nations ont la légitimité et les moyens d’actions pour mettre en place de grands changements de modèle énergétique. Il ne faut pas attendre l’accord de nos partenaires chinois, américains ou indiens pour mettre en place la transition énergétique mais, au contraire, reprendre notre destin en main !

Nous constatons aussi que le modèle ultralibéral et libre-échangiste empêche l’émergence d’une culture du durable à l’opposé de la culture du jetable, de produits fabriqués à des dizaines de milliers de kilomètres dans des pays ayant peu ou pas de norme environnementale.

Oui nous portons une vision nouvelle de l’écologie, pragmatique. Non, nous n’avançons pas masqués, inutile de sonder nos reins et nos cœurs.