Communiqué de Stéphane Ravier, Sénateur des Bouches-du-Rhône

Vendredi 8 novembre, deux rapports de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion de la Ville de Marseille ont été transmis aux conseillers municipaux. Ils seront à l’ordre du jour du Conseil municipal du 25 novembre. La presse a déjà rendu publics les principaux éléments.

Les constatations des rapports sont accablantes. La Chambre déplore des “insuffisances de stratégie financière et de pilotage”, des “comptes partiellement insincères”, “la baisse des dotations de l’État compensée par l’augmentation des impôts locaux”. La municipalité semble également dépourvue de stratégie immobilière, bien qu’elle dispose “d’un inventaire précis de ses immobilisations” mais elle “n’est pas en mesure de l’éditer”. La gestion des ressources humaines est également épinglée : l’insuffisante durée de travail aurait coûté 12 millions d’euros à la ville soit 300 équivalents temps plein entre 2012 et 2017. Les réponses aux signalements de l’Éducation Nationale sont pointés du doigt dans les rapports, qui soulignent que la réhabilitation des écoles dans les 3ème, 13ème, 14ème et 15ème arrondissements n’a pas été “prioritaire”, quand bien même les établissements seraient les plus dégradés. Enfin, la CRC valide notre analyse sur la dette, trop élevée pour que la Ville puisse dégager une épargne suffisante. Les frais financiers de la dette sont plus élevés que le cumul de frais financiers des 6 autres grandes villes françaises, hors Paris. Enfin, la Chambre affirme que les agences de notation, ne s’appuyant que sur les comptes publiés, ne peuvent avoir une vision claire puisque ces derniers sont partiellement insincères. Leurs notes ne sont donc pas fiables.

La Chambre ne peut l’écrire, mais la lecture des conclusions des rapports impose d’en tirer une analyse : tous les élus qui gèrent la Ville de Marseille, du conseiller municipal délégué, à l’Adjoint jusqu’au Maire, sont profondément incompétents, menteurs, falsificateurs, attachés à quelques prébendes, sans aucun sens de l’intérêt général. Ces élus nous ont coûté à tous beaucoup d’argent. Ils ont tous oublié que leur rôle était avant tout de servir le peuple de Marseille, pas de servir leurs intérêts particuliers. Cette semaine, les responsables de ce désastre qui dure depuis 1995 se sont presque tous tus. Qu’ils continuent : leur parole est dévalorisée, plus personne ne les écoute ni ne les croit après 25 ans de gestion calamiteuse, de mensonges, d’approximations, de tromperie, d’immoralité.

Nous décryptons en ce moment-même les deux rapports. Plusieurs points nous ont sauté aux yeux quant au non-respect du principe d’équité entre les Mairies de secteur. Ces éléments démontreraient, une nouvelle fois, qu’il existe deux Marseille, celle du Nord et celle du Sud, choyée car elle vote pour un système en place depuis plus de deux décennies. C’est ce système que je veux abattre pour rendre Marseille aux Marseillais, à tous les Marseillais !