Communiqué de presse de Christelle Lechevalier, Député français au Parlement européen

L’État entend privatiser trois entreprises tout à fait profitable, à savoir les Aéroports de Paris (ADP), Engie et Française des jeux. Ces trois sociétés rapportent chaque année entre 700 et 800 millions d’euros. Des profits considérables qui n’ont pourtant pas convaincu l’État de les conserver dans son giron. En vendant ces trois entreprises, le gouvernement entend récolter 15 milliards d’euros, dont cinq seraient alloués à la réduction de la dette. Quand on sait que celle-ci s’élève à 2 300 milliards d’euros, l’argument économique laisse songeur.

Par ailleurs, dans le cas d’ADP, la privatisation prend la forme d’une concession de 70 ans. Le cas particulier est que cette fois-ci, l’Etat va payer pour privatiser – entre 500 millions et 1 milliard d’euros, selon Médiapart – dans le but de dédommager les actionnaires minoritaires. Parmi eux, Vinci (des autoroutes) actionnaire à hauteur de 8%, par ailleurs repreneur potentiel. En résumé, Vinci, qui réalise déjà des profits considérables avec les autoroutes, va probablement être dédommagé pour qu’il achète l’aéroport. Une situation lunaire !

Cette histoire ne serait pas complète si on n’évoque pas le soupçon de copinage dans cette affaire. L’organisme chargé de conseiller le gouvernement est la banque d’affaires américaine Bank of America Merryll Lynch, dont la branche française est dirigée depuis décembre 2018 par un proche d’Emmanuel Macron, ancien membre de sa campagne.

Enfin, il est inadmissible que le contrôle aux frontières soit effectué par une entreprise privée, dont la logique de rentabilité se heurtera nécessairement à la problématique sécuritaire.

Nous demandons à ce que le chef de l’Etat cesse de se comporter en banquier d’affaires et abandonne ces privatisations échappant à toute logique économique. Et si le gouvernement souhaite résorber la dette et réaliser des économies substantielles, voici quelques pistes de réflexion : endiguer la submersion migratoire ou encore la fraude fiscale.