Communiqué  de Nicolas Bay,Député français au Parlement européen, Vice-président du groupe Identité et démocratie

Il y a quelques semaines la ministre française de l’Industrie affirmait au nom d’une prétendue “vision européenne” qu’il était hors de question de relocaliser en France l’ensemble des industries indispensables à notre souveraineté. Le patronat allemand n’a pas ce genre de pudeur. En effet, la très puissante Fédération des Industries Allemandes vient de publier un document fixant outre-Rhin la feuille de route pour sortir de la crise. Une feuille de route d’indépendance et de puissance, très éloignée des actes comme des paroles d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. Qu’on en juge : « l’Allemagne est un pays industrialisé (qui doit) le rester. (…) faire de l’Allemagne un pays de leaders».

Et, selon eux, quelle serait le rôle de l’Europe ? Elle compte. Mais comme seul support de la « puissance allemande ».
Et la place de la France ? Elle peut servir à l’occasion : « Une étroite concertation franco-allemande reste centrale pour arriver à des décisions dans l’UE ». En résumé, si la France ne leur donne pas satisfaction, alors une autre concertation avec des « États-membres de diverses tailles et de différentes régions » pourra permettre à l’Allemagne d’obtenir une majorité au Conseil et donc d’atteindre ses buts.

Le message est clair. Emmanuel Macron le comprendra-t-il ? Rien n’est moins sûr. Accroché au fantasme du « couple franco-allemand » (dont l’Allemagne ne parle d’ailleurs jamais…), le président de la République a déjà de fait accepté que la Commission européenne organise à son gré l’industrie en Europe à travers son plan de « nouvelle stratégie européenne pour l’industrie ». Or, dire oui à Bruxelles sur ce sujet, c’est dire oui à Berlin. Face à cela, il n’est qu’une solution : dire non à Emmanuel Macron en 2022 et oui à une politique de la souveraineté et de la puissance, proposée par Marine Le Pen.