Communiqué de presse de Nicolas Bay, Député français au Parlement européen

C’est avec effroi que j’ai appris hier l’ignoble crime dont a été victime Mamoudou Barry. Ce jeune Guinéen, enseignant-chercheur en Droit à l’Université de Rouen, a été tué lors d’une agression, sous les yeux de son épouse, lors du match Algérie-Sénégal vendredi soir. Selon tous les témoignages, il a été tué – après des insultes racistes virulentes – par un supporter de l’Algérie, toujours recherché. Je pense tout d’abord à sa famille et à ses proches – notamment les communautés universitaires normandes et guinéennes – et tiens à leur présenter mes plus sincères condoléances.

La mort de Mamoudou Barry s’inscrit dans le cadre des violences qui ont eu lieu en France à l’occasion de TOUS les matchs de l’Algérie dans cette Coupe d’Afrique des Nations. Ce meurtre en est la terrible, l’horrible conclusion. La violence gratuite et la haine raciste dont il témoigne fait aussi écho à de nombreux propos – contre les “noirs”, contre la France et les Français – entendus dans des vidéos ou vus sur les réseaux sociaux de la part de supporters de l’Algérie.

On ne s’étonnera même plus du silence gêné des commentateurs, journalistes et politiques. Les débordements et violences ayant accompagné les matchs ont été en permanence minimisés, l’esprit de revanche s’exprimant clairement et les provocations ont été maquillées en “liesse”. Aujourd’hui, face à un crime immonde, au motif raciste évident, qui devrait faire la Une de toute la presse, les prétendus “antiracistes” si prompts à aller traquer les paroles, les pensées, et même les arrière-pensées, sont bien peu loquaces.

Mamoudou Barry a été tué par la racaille dont on a nourri l’impunité et la haine par le laxisme judiciaire, par la repentance perpétuelle et la culture de l’excuse.