Communiqué de presse de Nicolas Bay, Député français au Parlement européen ,  Président du groupe RN au Conseil régional de Normandie

Après six jours d’incertitudes, le rideau de fumée autour de la catastrophe de Lubrizol peine à se dissiper. À l’évidence, la communication lacunaire des autorités préfectorales, ministérielles, sanitaires, davantage destinée à rassurer la population qu’à apporter des éléments de réponses, n’aura eu pour effet que d’accentuer l’inquiétude des habitants en leur donnant  une désagréable impression d’opacité.

La constitution d’une mission d’information parlementaire apportera sans doute d’utiles conclusions, mais à un horizon de temps insatisfaisant pour des dizaines de milliers de riverains et de personnes impactées, qui ont besoin de réponses urgentes.

Il faut désormais que les pouvoirs publics apportent, en temps réel, tous les éclaircissements dont ils disposent. Le temps est venu de faire toute la lumière sur les points suivants :

L’origine de l’incendie. S’il semble désormais établi que l’incendie a débuté à l’extérieur du hangar de stockage des produits chimiques, toute la lumière doit être faite sans délai sur l’origine, accidentelle ou criminelle, du sinistre. La Seine-Maritime comptant de nombreux sites dangereux classés Seveso, cette question n’a rien d’anecdotique et pourrait relancer le débat sur la sûreté des installations industrielles sensibles, a fortiori lorsqu’elles se situent en zone densément peuplée.

Les matières qui ont brûlé. La liste des produits chimiques stockés dans l’entrepôt a certes été publiée hier, mais, en ne disant rien des déchets et des matières intermédiaires éventuellement présents, elle ne dresse qu’un tableau partiel de ce qui a pu se consumer. Sans cet état précis, la toxicité du panache de fumée et des écoulements dans la Seine restent difficiles à évaluer.

Le risque d’impact sanitaire sur les populations qui ont respiré les vapeurs toxiques. Les témoignages se multiplient de personnes prises de vertiges et de vomissements, parfois à des dizaines de kilomètres de l’agglomération rouennaise. Il est bien évidemment trop tôt pour connaître le risque à long terme sur la santé des victimes, puisqu’il convient de les appeler ainsi, mais la déclaration d’Édouard Philippe, qui annonçait prématurément son absence de nocivité, pourrait relever de la fake news médicale.

La pollution des sols et de la Seine, l’impact sur la biodiversité. Les suifs, dont les retombées sont allées jusqu’à la frontière belge, mais aussi les écoulements dans la Seine que la digue provisoire mise en place en urgence n’ont pas suffi à contenir, présentent un danger environnemental avéré pour les humains, mais aussi pour la faune et la flore.

L’indemnisation des victimes. Si celle due à plus de 1800 agriculteurs pour la perte partielle ou totale de leur production est déjà actée – encore faut-il qu’elle soit effective et rapide – qu’en est-il de celle des milliers de victimes collatérales dans le secteur économique, à commencer par les commerçants des Docks de Rouen ? Le Conseil régional doit notamment jouer tout son rôle comme il l’avait fait en d’autres occasions.

Au-delà des réponses immédiates qu’il est désormais temps d’apporter, Lubrizol restera comme un révélateur de l’impréparation des autorités à gérer une crise industrielle d’ampleur. La préservation en France d’une filière industrielle puissante a pour condition sine qua non la maîtrise des risques, la sûreté de la population et la vérité dans la communication.