Communiqué de presse de Nicolas Bay, Député français au Parlement européen, Co-Président du groupe « Europe des nations et des libertés »

En 2018, Google, Uber et le groupe Bayer ont versé au total 48 000 euros à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), parti politique européen dont font partie les députés européens LREM et Modem.

Ces sommes versées posent la question de l’indépendance des députés dans l’exercice de leur mission. Ce ne serait pas la première fois que des multinationales utiliseraient leurs moyens financiers pour faire du lobbying et influencer les élus pour servir leurs intérêts plutôt que l’intérêt général. Dans les institutions européennes, les exemples ne manquent pas pour illustrer le mélange des genres permanent entre intérêts privés et « intérêt communautaire ». Ainsi, José-Manuel Barroso, l’ancien président de la Commission européenne, avait rejoint la banque Goldman Sachs peu de temps après avoir quitté ses fonctions à Bruxelles.

Si Emmanuel Macron veut interdire le financement des partis politiques « par des puissances étrangères », il devrait aussi, pour être crédible dans sa démarche, balayer en premier lieu devant sa porte et celle de ses alliés. Car l’Union européenne est bien le paradis des lobbys. Tant que des grandes puissances privées sont libres d’accorder des subventions à des partis politiques européens, suscitant la défiance légitime des citoyens à l’égard des institutions de Bruxelles, qui pourra croire que ce genre de pratiques serait sans conséquence sur les décisions de la Commission et sur les votes au Parlement européen ?