Communiqué de Nicolas Bay, vice-président du groupe Identité et démocratie et de Jérôme Rivière, chef de la délégation française RN au Parlement européen

La communication effrénée des macronistes, les tweets virevoltants sur un accord décrit comme “historique”, ne changeront pas la réalité : l’accord conclu sur le plan de relance européen est un échec pour Emmanuel Macron. Et, sacrifiée par son Président sur l’autel du fédéralisme, la France est bien la grande perdante.

La proposition initiale de Macron et Merkel, relayée avec enthousiasme et assurance par le Secrétariat Général des Affaires européennes, prévoyait 500 milliards de subventions directes pour aider l’économie des pays fragilisés – principalement les pays du sud – et 250 milliards de garantie d’emprunt pour des investissements dans les mutations économiques et les industries d’avenir. Le plan finalement adopté est pour le moins différent, avec 390 milliards d’aides directes et 360 milliards de garantie d’emprunt.

Les pays dits « frugaux » ont obtenu beaucoup : sanctuarisation et même hausse du rabais dont ils profitent dans le budget annuel normal de l’UE, valant donc diminution de leur contribution nette, ainsi que de nombreux avantages annexes comme la hausse de la perception des droits de douane dont profiteront les pays portuaires qui sont des portes d’entrée sur le marché européen (Allemagne, Pays-Bas, Belgique principalement).
Macron voulait que la gouvernance des fonds fasse l’objet de décisions à la majorité qualifiée au Conseil, et non à l’unanimité. Il échoue là encore puisque les frugaux ont obtenu un mécanisme de « frein d’urgence » permettant, en pratique, le maintien de la règle de l’unanimité.
Macron voulait également sanctionner la Pologne et la Hongrie en conditionnant le versement des aides européennes au « respect de l’état de droit ». Cette disposition a été évacuée pour obtenir justement le soutien de la Pologne et de la Hongrie au plan de relance… Si l’on peut se satisfaire de voir cette conditionnalité politique fallacieuse neutralisée, on ne peut en revanche que constater là aussi un échec d’Emmanuel Macron, lequel évoquait encore hier à la télévision « l’état de droit ».

Au-delà de son échec, Emmanuel Macron a sacrifié nos intérêts nationaux par vision idéologique et pour franchir une nouvelle étape dans le fédéralisme.
Ainsi, c’est la première fois qu’une dette commune est contractée par les pays de l’UE, via la Commission qui va emprunter en son nom propre sur les marchés financiers. Il s’agit donc d’une avancée supplémentaire vers le fédéralisme européen.

Au final, après toutes ces négociations, la France disposera de 40 milliards d’euros maximum, la Commission aura la main sur la manière dont les fonds sont utilisés, et proportionnellement notre contribution nette au budget de l’UE va s’accroître pour les six prochaines années. Il n’y a vraiment qu’Emmanuel Macron pour voir dans cette déconfiture un accord “historique” pour la France et les Français.