Communiqué de Paul-Marie Coûteaux, porte-parole de Marine Le Pen et membre de la Fondation Charles de Gaulle

Pierre Lefranc était de cette trempe de Français pour lesquels rien n’est plus naturel que de défendre la France. Dès juin 40, encore lycéen, il distribuait dans les boîtes aux lettres de Brive des appels à la résistance. Ce gaulliste d’avant le gaullisme fut l’un des organisateurs de la manifestation du 11 novembre 40 réunissant plusieurs milliers de jeunes à la barbe de l’occupant, avant de rejoindre Londres; en 2008, ce gaulliste d’après le gaullisme manifestait encore, à 86 ans, devant le Congrès qui autorisait à Versailles la ratification du funeste traité de Lisbonne.

Chef de Cabinet du Général de Gaulle, fondateur avec André Malraux de l’Institut Charles de Gaulle qu’il présida plus de vingt ans, où je le servis pour préparer les commémorations du centenaire du Général, ce combattant toujours solide et tranquille ne comprit jamais comment tant de gaullistes professionnels pouvaient s’accommoder de la dissolution de la France dans la supranationalité euro-atlantique, prospérer au milieu de la déliquescence d’un l’Etat livré aux partis et oligarchies de tous poils, et se prosterner devant la statue du Chef de la France Libre pour cacher leurs trahisons de tous les jours -comme si reconnaître la grandeur autorisait toutes les petitesses.

Avec lui s’éteint le plus intransigeant des gaullistes : ni de droite ni de gauche, Pierre Lefranc était simplement fidèle aux principes permanents de la politique de la France, selon une tradition multiséculaire qui a pris au XXè siècle le visage du Général de Gaulle et à laquelle aujourd’hui, plus que jamais après cette bouleversante disparition, il nous incombe de donner de nouvelles métamorphoses.