Communiqué de presse de Jean Messiha, Délégué national du RN aux Etudes

Il était la diva du CAC 40, la star des « cost killers », le symbole de l’ultra-libéralisme triomphant.

Nos présidents se pressaient à ses côtés pour capter une partie de son aura comme Emmanuel Macron il y a quelques jours à Maubeuge.

Il était présenté comme le « sauveur » de Renault, à coups de licenciements, de délocalisations, de pressions extrêmes sur les salariés, mais également sur les sous-traitants afin de dégager plus de compétitivité plus de rentabilité.

Depuis cette nuit il est entre les griffes de la Justice japonaise qui l’accuse de malversations et de fraude fiscale.

Il gagnait environ 15 millions par an en cumulant les postes de PDG de Renault et de Nissan (l’équivalent de 800 smic annuels). Ce n’était apparemment pas assez. A ce titre il symbolise l’absence totale de scrupules et la rapacité qui règne trop souvent dans cette sphère des managers mondiaux.

Cet homme qui a tant fasciné notre système politico- médiatique était tout sauf un adepte du patriotisme. Il se définissait ainsi : «Je ne suis pas un théoricien de la citoyenneté mondiale; je suis un praticien de la multinationalité ». Franco-Libano-Brésilien, globe –trotter assumé et fervent mondialiste, il a présidé à l’évidement de Renault en France et à une bonne part de la désindustrialisation de notre pays alors que la famille Peugeot essayait elle de maintenir un maximum de sa production dans l’Hexagone contre vents et marées.

Lorsqu’il arrive à la tête de l’entreprise en 2005, le constructeur au losange fabriquait encore 1,3 million véhicules, en 2011 on tombait à 646.000 pour remonter à 852.000 en 2017 dans un contexte extraordinairement favorable, dopé par les primes à la casse et à la conversion payées par nos impôts.

Un syndicaliste faisait remarquer récemment que « La France ne produisait plus à l’heure actuelle (en 2018) que 19% de véhicules particuliers Renault sur la production totale européenne, Turquie comprise, alors qu’elle en produisait 53% en 2004. »

Il n’a pas vraiment fermé les usines en France, il les a partiellement vidées et développé les productions dans les usines turques, espagnoles, slovènes, marocaines et autres.

On ne lui fera pas le reproche de l’incompétence, car il était un « tout premier de cordée » comme les aime notre président, ni celui d’avoir fait de Renault-Nissan un grand groupe automobile mondial, car nous avons besoin de champions mondiaux à dimension internationale. Mais on peut regretter que nos dirigeants n’aient pas mis sur lui la pression nécessaire pour faire passer les intérêts industriels de la France avant ses ambitions de Tsar du business globalisé.

Bien que caricatural, Carlos Ghosn n’est qu’un élément de cette super-classe de cadres dirigeants de nos grandes entreprises nourris au bonus et aux stock-options, protégés par des parachutes dorés en cas de licenciement, assurés d’une « retraite-chapeau », parlant « globish », arbitrant Shenzen contre Romorantin, pressurant les PME sous-traitantes, appelant à l’ouverture des frontières pour disposer d’une sous-classe de travailleurs immigrés bon marché, malléables et corvéables à merci. Pour cette super-classe dirigeante, la France n’est plus la mère- patrie, mais un marché et un lieu de résidence où l’on paie toujours trop d’impôts malgré les cadeaux d’Emmanuel Macron, où la main-d’oeuvre est trop chère et trop exigeante, les lois trop protectrices pour les travailleurs, et où les chômeurs ont la vie belle.

Elle a profondément abîmé la France avec la complicité de cette autre super-classe celle de la haute fonction publique avec qui elle entretient des liens incestueux marqués par le trop célèbre « pantouflage » qui consiste à passer dans le privé après avoir fait ses classes et constitué son carnet d’adresses à Bercy et ailleurs.

Lorsque nous arriverons au pouvoir nous enseignerons à ces concitoyens aujourd’hui hors-sol à se comporter en Français. Nous leur demanderons de considérer notre pays pour ce qu’il est, le leur. Nous exigerons qu’ils relocalisent une partie de leur production en France surtout quand elle est destinée à être vendue aux Français, mais nous accompagnerons cette mutation par une nouvelle politique économique pro-France sans être anti-étrangère, sélectivement protectionniste, mais ne visant que les tricheurs et la concurrence déloyale de grande ampleur. Nous savons que produire en France est souvent trop cher, car nos élites ont fait le choix fou d’une monnaie trop forte. C’est pourquoi nous réduirons les charges qui pèsent sur la production sans amputer le financement de notre protection sociale, car nous ponctionnerons le monde extérieur qui profite de la France.

Nous modèrerons aussi les écarts de rémunération iniques, nous réinstaurerons un Impôt sur la grande fortune et nous mettrons fin à l’immigration qui ruine la France et concurrence injustement nos travailleurs.