Communiqué de Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement national, député français au Parlement européen

Le plan de relance français, que le gouvernement présente bien tardivement par rapport à son homologue allemand, doit comporter une partie consacrée à la baisse des « impôts de production ».

Cette mesure, d’ores et déjà connue dans ses grandes lignes et dans son montant global, 10 milliards d’euros, est bien évidemment la bienvenue. Ces impôts, absurdes en temps normal, et extrêmement délétères en temps de crise, grèvent la compétitivité des entreprises installées en France, et singulièrement le secteur industriel, en grande peine dans notre pays. Les impôts sur la production payés par les entreprises représentent plus de 3% du PIB en France : c’est deux fois plus que la moyenne de la zone euro !

Le Conseil d’analyse économique préconisait à raison la suppression pure et simple de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), et non une simple réduction de moitié comme l’envisage le gouvernement. Quant à la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), qui touche les plus grandes entreprises, son maintien semble acté, alors qu’il s’agit du plus contre-productif d’entre eux, avec des effets nocifs en cascade sur nos TPE-PME.

La C3S doit être supprimée à terme, de façon progressive, en commençant par des abattements pour la supprimer immédiatement pour les entreprises de taille intermédiaire. L’Etat a la capacité de compenser intégralement les recettes mécaniquement perdues, comme il est déjà prévu pour les régions avec la suppression partielle de la CVAE compensée par une fraction de la TVA nationale.

La crise économique que la France va traverser doit être l’occasion de revenir sur des lourdeurs et freins à l’économie française qui perduraient et qui se révèlent très préjudiciables pour la reprise. La suppression totale de ces deux impôts de production, dont le poids est une spécificité française qu’aucun pays européen ne nous envie, contribuera à créer un « choc » nécessaire au retour de la confiance des investisseurs, préalable à une bonne reprise économique et à la réindustrialisation de notre pays souhaitée par une majorité de Français.